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Chloé Obolenky, Max Hayward, Russie, Images d'un Empire, traduit de l'anglais par André Berelowitch, Albin Michel

Chloé Obolenski est née à Athènes en 1942. Elle fait ses études en Angleterre et en France, devient décoratrice de théâtre à Paris et commence sa carrière comme assistante de Lila de Nobili.

Max Hayward était Fellow du Saint Anthony's College à l'Université d'Oxford et spécialiste de la littérature russe de la période soviétique. Il a traduit plusieurs oeuvres importantes, dont Le Docteur Jivago, de Pasternak.

"Pour nous représenter la Russie du siècle dernier, nous n'avions que les oeuvres des grands écrivains : Gogol, Tourgueniev, Tchekov, Dostoïevski. Les cinq cents photographies réunies dans cet ouvrage apportent un témoignage d'une autre sorte : au fil des pages, nous découvrons les taudis petersbougeois de Crime et Châtiment, les maisonnettes blanchies à la chaux des Veillées du hameau, des Nemrods campagnards sortis tout droit des Récits d'un chasseur. Insolites, émouvantes, ou cocasses, ces clichés nous parlent d'une vie depuis longtemps disparue : des paysans aisés, coiffés de hauts-de-forme, prennent la pause devant leur belle maison, un vieil homme joue aux échecs avec son fils, officier au crâne rasé, des chameaux à l'attache, au nord de la Volga ; et cette partie de pêche, où l'on croit entendre les gouttes qui tombent du filet, et le calme éternel de la rivière.

Les premières photographies datent du milieu du XIXème siècle, les plus récentes de la veille de la Révolution. Inédites pour la plupart, elles proviennent d'albums de famille, de fonds d'archives, de musées et de bibliothèques dispersés à travers toute l'Europe et l'Amérique du Nord. C'est la collection la plus complète qu'on ait réunie à ce jour, et l'ensemble constitue un remarquable portrait de la vieille Russie, dans toute son incroyable diversité.

Ce voyage dans le temps commence par les deux capitales, Saint-Petersbourg et Moscou ; puis on flâne dans les villes et les campagnes de la Russie centrale, visitant au passage usines métallurgiques, monastères renommés et nids de gentilhommes campagnards. Franchissant les monts de l'Oural, on passe en Sibérie, pour la traverser jusqu'au Pacifique. Ensuite on revient vers l'Ouest, par le Turkestan, jusqu'à la Caspienne et à la mer Noire. On s'attarde au Caucase, en Crimée, et l'itinéraire s'achève dans le Nord, sur la Baltique.

Cet amalgame bigarré de régions, de coutumes, de peuples différents, n'est pas un monde immobile. La Révolution de 1917 n'est que l'aboutissement d'une longue évolution, commencée au milieu du XIXème siècle. Déjà Pierre le Grand avait ouvert la Russie sur l'Europe, imposé l'occidentalisation du pays. Son oeuvre de réforme avait été poursuivie par ses successeurs, allant de pair avec l'expansion territoriale, et faisant de la Russie un vaste Empire multinational. Au moment précis où l'objectif photographique saisit les premières images de la société russe, celle-ci subit des bouleversements profonds : l'émancipation des serfs en 1861, l'introduction de l'industrie dans un pays resté essentiellement rural, l'opposition radicale d'une partie de l'intelligentsia amènent l'érosion progressive du pouvoir autocratique.

De là, cet étonnant mélange d'archaïsme et de modernité, inégalement dosé selon les régions et les classes sociales : les aristocrates de Saint-Petersbourg, les marchands, les ouvriers des villes de la Russie d'Europe sont sans doute plus ouverts aux idées nouvelles ; les militaires, le clergé, les paysans, les Peuples d'Asie plus attachés à l'ancien ordre des choses, avec ses fastes, sa douceur et son iniquité.

 

 

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Obolensky/Hayward, Russie, images d'un Empire
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