Overblog Tous les blogs Top blogs Littérature, BD & Poésie
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU

Batya Gour, Le meurtre du samedi matin, un crime psychanalytique
Batya Gour, Le meurtre du samedi matin, un crime psychanalytique

Batya Gour, Le meurtre du samedi matin, un crime psychanalytique, roman traduit de l'hébreu par Jacqueline Carnaud et Laurence Sendrowicz, Librairie Arthème Fayard, 1993

Batya Gour est née à Tel Aviv en 1947. Elle a enseigné la littérature pendant près de vingt ans avant de se mettre à écrire elle-même. Critique littéraire à Ha'aretz, elle enseigne actuellement à l'Ecole israélienne de cinéma. Ses enquêtes du commissaire Ohayon sont très vite devenues des best-sellers tant aux Etats-Unis qu'en Israël.

"Pour la plupart des membres du prestigieux Institut de psychanalyse de Jérusalem, ce samedi resterait à jamais un samedi noir, un jour où l'indicible - l'impensable - s'était produit : l'une des leurs, le Dr Eva Neidorf, analyste de renommée internationale, avait été assassinée, une heure à peine avant de prononcer une conférence cruciale pour l'exercice de la psychanalyse - et qui plus est, vraisemblablement par un de ses pairs. S'agissait-il d'une affaire de jalousie professionnelle? Le texte de la conférence du Dr Neidorf, qui avait mystérieusement disparu, recelait-il une menace contre un ou plusieurs de ses confrères? Se pouvait-il que cette femme encore belle eût mené, à l'insu de tous, et particulièrement du vieux professeur Hildescheimer, son mentor et ami, une double vie ?

Un seul homme, aux affaires criminelles du district de Jérusalem, connaît suffisamment les déviances de l'âme humaine pour pouvoir tirer quelque chose de suspects et de témoins qui, presque tous, vivent en vase clos dans un univers où le non-dit, le sous-entendu et le double sens sont monnaie courante : le commissaire Michaël Ohayon, trente-huit ans, né au Maroc, divorcé, auteur d'une thèse de doctorat inachevée sur les guildes au Moyen Age. Au fil de son enquête, nous pénétrons non seulement dans les labyrinthes de l'analyse freudienne, mais aussi dans le dédale des rues de Jérusalem, du quartier russe à la colonie allemande, sans oublier la cabane d'un jardinier palestinien..."

"Le décor - Jérusalem - et les personnages sont admirablement décrits. Il est difficile d'abandonner ce livre passionnant : la curiosité vous pousse de page en page jusqu'à ce que ce qui semblait impensable devienne inévitable." (Shimon Peres)

Extrait :

"Protégeant la flamme dans le creux de sa main, Ohayon alluma une cigarette. Le lieu était mal choisi, mais il ne pouvait s'en empêcher. Posté en haut du large escalier de la maison mortuaire, il observait les amis et les proches de la défunte venus en grand nombre lui rendre un dernier hommage (...)

Le dos voûté, la tête penchée en avant, le visage caché par un feutre sombre, le vieil Hildescheimer gravissait pesamment les marches, soutenu par Rosenfeld, dont la bouche avait l'air étrangement nue sans son éternel cigare. Les gens s'avançaient à pas lents, emmitouflés dans de gros manteaux d'hiver. depuis l'orage qui s'était abattu samedi soir sur Jérusalem, il faisait un froid pénétrant.

De nombreux visages lui étaient familiers. Outre les membres de l'Institut, il reconnut plusieurs personnes qu'il avait côtoyées à l'université. Le gratin, pensa-t-il, l'élite de la ville. Ce qu'on appelle un bel enterrement, plein de gravité et d'émotion.

Toutefois, quelque chose dans l'atmosphère semblait ébranler l'assurance de ces dignes représentants de la respectabilité bourgeoise. Eva Neidorf n'était pas morte de maladie, de vieillesse ou dans un accident. A la douleur et au chagrin venaient se mêler la crainte, l'indignation et, pour certains, la fureur..." (p.234-235)

Mon avis sur le roman :

Je viens de terminer Le meurtre du samedi matin, un crime psychanalytique et j'en suis à la page 257 de Meurtre à l'université, un crime littéraire de Batya Gour et je pense m’attaquer à Meurtre au Kibboutz.

D'habitude, j'alterne un (bon) roman policier avec un bouquin de philo ou de littérature ou de poésie et j'étais en panne de "divertissement" quand je suis tombé sur une partie de la série à la médiathèque de ma bonne ville de Bourges (des gens qui s'y connaissent et qui savent distinguer un roman fantastique d'un roman policier, même quand ça n'est pas évident : cf. Retour à la maison Usher de Robert Poe).

Les thrillers de Batya Gour correspondent exactement à l'idée que l'on peut se faire d'un bon roman policier : des personnages attachants (l'inspecteur Ohayon, détenteur d'une maîtrise d'histoire de la littérature médiévale est romanesque à souhait), de la psychologie sans manichéisme, de l'action (Batya Gour n'a pas son pareil pour évoquer l'ambiance d'un commissariat de police pendant une enquête), une intrigue impeccablement menée jusqu'au dénouement logique, au sein de milieux aussi inconnus (du moins en ce qui me concerne) que passionnants : le département de littérature de l'université, le milieu psychanalytique... dans le décor sublime de Jérusalem, la ville de tous les paradoxes...
 

Partager cet article
Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :