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Philippe Soulez et Frédéric Worms, Bergson
Philippe Soulez et Frédéric Worms, Bergson

Frédéric Worms, né en 1964, est philosophe et professeur de philosophie contemporaine à l'École normale supérieure (ENS, rue d'Ulm, Paris). Il est membre du Comité consultatif national d'éthique (2013). Depuis septembre 2015, il est directeur-adjoint Lettres de l'École normale supérieure.

Philippe Soulez (1943-1994) est un philosophe français. Docteur en philosophie (Université Paris IV-Sorbonne, 1987), il était professeur agrégé de philosophie à l'Université de Paris VIII.

Sommaire :

Avant-propos à l'édition Quadrige - Avertissement 

Première partie (1859-1918) par Philippe Soulez :

I. Parlez-moi de son état civil - II. Les années de formation - III. Bergson enseigne àParis - V. Le Collège de France - VI. La réception de Bergson en Grande-Bretagne et aux Etats-Unis - VII. La guerre de 1914 : "Ceci tuera cela" - VIII. Vers la Société des Nations : "Agir à son prix"

Deuxième partie (1918-1941) par Frédéric Worms :

IX. L'après-guerre : action publique et approfondissement philosophique - X. Les deux sources dela morale et de la religion dansla vie de Bergson - XI. "Et maintenant j'ai fini..."

Annexes:

I. Posface par Antonia Soulez - II. Postface par Frédéric Worms - Chronologie d'ensemble et résumé des quatre principaux ouvrages de Bergson par Frédéric Worms - Bibliographie indicative - Notes de l'ouvrage - Index

"Au-delà de tout ce qu'elle peut éclairer indirectement, la vie d'Henri Bergson (1859-1941) tire son intérêt d'elle-même.

Elle permet d'abord de mieux comprendre une oeuvre philosophique, centrée sur l'exprérience réelle du temps, ou de la durée, qui a souffert de trop de malentendus, et qu'il importe de redécouvrir. Avec elle, et la gloire qu'elle valut à son auteur, devenu mondialement célèbre (depuis 1900 et ses cours au Collège de France jusqu'à son Prix Nobel de littérature en 1928), c'est même toute une époque de notre histoire intellectuelle qui s'en trouve éclaircie. Plus encore, la figure d'un "Bergson politique" se précise ici : des silences de l'affaire Dreyfus au retentissement du Testament de 1941, en passant par les missions en Amérique pendant la Grande Guerre et la présidence, aussitôt après, de ce qui est devenu depuis l'Unesco ! Toute l'histoire de la IIIème République, intégralement parcourue, s'y reflète donc (Frédéric Worms)

Notes de lecture sur le résumé des quatre principaux ouvrages de Bergson par Frédéric Worms (p.303-309) : Essai les données immédiates de la conscience (1889) - Matière et Mémoire, Essai sur la relation du corps à l'esprit (1896), L'Evolution créatrice (1907) et Les deux sources de la morale et de la religion (1932) 

Essai sur les données immédiates de la conscience (1889) : "S'il faut réfléchir "sur" les données immédiates de la conscience, c'est qu'elles ne sont pas si immédiates que cela, ou que ce qui fait l'immédiateté réelle, la réalité même de notre conscience, nous est masqué par autre chose, une immédiateté apparente, qu'il convient de critiquer. Loin d'être une sorte de description intimiste ou une quelconque introspection simple, le livre de Bergson comporte trois chapitres : une étude de la notion d'intensité, qui dévoile la confusion et l'obstacle à dépasser dans la connaissance psychologique ; une étude de la durée qui en révèle le principe de solution, dans la distinction entre la durée et l'espace, et surtout entre la durée et sa représentation spatiale, ou "temps homogène" ; enfin une étude de la liberté, qui en déploie les conséquences et les enjeux, entre "psychologie et métaphysique" et surtout notre vie même." 

Matière et Mémoire, essai sur la relation du corps à l'esprit (1896)

"Le deuxième livre de Bergson n'est pas la simple continuation du premier, prolongeant par exemple l'opposition entre espace et durée par l'opposition métaphysique entre matière et esprit, devenue une opposition entre "matière et mémoire". Il ne s'agit pas seulement d'opposer la matière à la durée ou à la mémoire, mais aussi de relier la matière à la mémoire ou à la durée et même de voir dans la matière une forme ou une intensité de durée et de mémoire : il s'agit donc de distinguer les deux termes, de fonder un dualisme mais aussi de les relier, et cela à la fois pratiquement, par notre vie, notre action ou notre perception, et surtout théoriquement, par une métaphysique de la durée appliquée désormais à tous les niveaux du réel..."

L'Evolution créatrice (1907)

"Si Bergson est conduit devant la question de la vie, c'est qu'elle supportait jusque-là dans son oeuvre deux sens opposés, et en un sens un ultime dualisme à dépasser. En effet, la vie était d'un côté le fond de ce mouvement temporel que la durée organise et que la mémoire retient ; mais d'un autre côté elle est aussi cette contrainte pratique qui pèse sur notre corps et qui explique notre connaissance habituelle avec sa forme spatiale. Notre connaissance, scientifique notamment, reste donc une pure déformation imaginaire, même si elle n'est pas arbitraire (puisque fondée sur nos besoins) du réel défini par la durée. Seule l'étude de la vie réelle, de l'évolution réelle des espèces, pourra unifier ces deux termes, si elle peut montrer à la fois une essence analogue à la conscience et à la durée, et expliquer des effets tels que notre connaissance dans sa nature spatiale et même sociale, pratique sous tous ses aspects, en les replongeant dans le réel. Mais, avant de conduire en effet à ces résultats, l'étude de l'évolution impose à nouveau à Bergson ses propres problèmes, qui conduiront à la structure complexe de L'Evolution créatrice..." (l'auteur évoque ensuite les quatre chapitres du livre) 

Les Deux Sources de la morale et de la religion (1932)

"Vingt-cinq ans furent nécessaires à Bergson pour parvenir aux thèses énoncées dans son dernier livre. Son unité semble moins facile à saisir : un premier chapitre sur "l'obligation morale" apparemment complet et autonome, deux chapitres sur "La religion statique" et "La religion dynamique", et enfin un quatrième chapitre souvent présenté comme inachevé et dû aux circonstances biographiques ou historiques, maladie, ou crise politique, où Bergson présente sur "Mystique et mécanique" des "remarques finales" sur la philosophie de l'histoire. Trois livres en un, en quelque sorte..."

 

 

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