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Littérature et société

Sujet : rédigez un article d'un critique littéraire de l'époque sur le roman d'Emile Zola, La Curée, et la réponse de Zola.

Devoir de Mathilde P. (2nde 2) :

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La Curée, apologie de l'immoralité

Monsieur Emile Zola vient de servir au public un plat aussi épicé que peu ragoûtant en publiant La Curée, roman qui baigne dans une atmosphère malsaine d'immoralité scandaleuse.

Ainsi notre auteur s'attaque à l'institution la plus sacrée de la société : le mariage, en présentant un couple, Renée et Aristide Saccard, dont chaque membre laisse à l'autre la liberté d'avoir des amants, violant ainsi le voeu sacré de fidélité que font les fiancés devant Dieu et devant les hommes.

Passe encore que Monsieur Saccard ait des maîtresses, bien que cette pratique, hélàs fort courante, soit tout à fait condamnable, mais n'est-il pas inadmissible qu'une femme se comporte comme un homme ?

Mais le plus grave n'est pas là. Renée, cette "Phèdre moderne", tombe amoureuse de Maxime, le propre fils d'Aristide, de dix ans son cadet, sans que Saccard, par ailleurs au courant de cette monstrueuse liaison, intervienne le moins du monde pour y mettre fin.

Il faut reconnaître toutefois que l'auteur ne permet pas à cette femme perdue de jouïr jusqu'au bout de son bonheur criminel. Elle meurt abandonnée par son jeune amant, après avoir sombré dans la folie, juste châtiment de ses péchés.

Théodule de Champfleury

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Réponse de Monsieur Emile Zola : "Je décris la société telle qu'elle est."

M. Théodule de Champfleury vient de publier un article dans votre Journal dans lequel il critique l'immoralité de mon roman, La Curée. Monsieur Champfleury m'accuse de m'attaquer à l'institution sacrée du mariage en présentant un couple qui viole le voeu de fidèlité.

Je tiens à dire que j'ai le plus grand respect pour le mariage, étant moi-même marié à une femme merveilleuse, je sais tout ce que peut apporter un amour fidèle, profond et sincère.

J'estime que la femme doit rester fidèle à l'homme, mais que la réciproque doit être vraie aussi.

Monsieur Champfleury m'accuse par ailleurs de faire l'apologie de l'inceste, ce tabou sur lequel repose la société.

Je tiens à faire remarquer que Maxime n'est point le fils de Renée, mais son beau-fils et donc qu'il n'y a entre eux aucun lien de parenté.

Je reconnais que la différence d'âge entre Maxime et Renée peut choquer le lecteur, mais pourquoi, encore une fois, la société admet-elle que l'homme, dans un couple, soit plus âgé que la femme et non l'inverse ?

Il s'agit d'un préjugé social.

Par ailleurs, je décris la relation entre Maxime et Renée sous un aspect chaste, comme une amourette, plutôt qu'une passion.

Théodule de Champfleury feint d'oublier l'essentiel de mon propos, qui n'est pas de narrer une histoire d'adultère, à ses yeux scandaleuse, mais de montrer et de dénoncer un scandale bien plus grand, celui de la spéculation immobilière effrénée qui a sévi sous le Second Empire et qui sévit encore de nos jours, permettant à une poignée d'aigrefins initiés et sans scrupules de bâtir des fortunes colossales en défigurant la capitale et en ruinant leurs concitoyens.

Monsieur Champfleury ne semble pas vouloir comprendre que le rôle d'un écrivain dans la société actuelle est de décrire la réalité telle qu'elle est et non comme on voudrait qu'elle soit.

Emile Zola

 

 

 

 

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