
Séries S et ES
Objet d’étude : L’argumentation : convaincre, persuader et délibérer
Corpus :
- Texte A : Fénelon, Les Aventures de Télémaque (1699), Septième livre
- Texte B : Montesquieu, Lettres persanes (1721), Lettre XII
- Texte C : Voltaire, Candide (1759), chapitre XXX
TEXTE A - Fénelon, Les Aventures de Télémaque
Télémaque et son précepteur Mentor sont de retour aux abords de l’île de Calypso. Ils rencontrent un capitaine de navire dont le frère Adoam leur livre les dernières nouvelles et leur dépeint un pays extraordinaire, la Bétique.
Le fleuve Bétis coule dans un pays fertile et sous un ciel doux, qui est toujours serein. Le pays a pris le nom du fleuve, qui se jette dans le grand Océan, assez près des Colonnes d’Hercule1 et de cet endroit où la mer furieuse, rompant ses digues, sépara autrefois la terre de Tharsis2 d’avec la grande Afrique. Ce pays semble avoir conservé les délices de l’âge d’or. Les hivers y sont tièdes, et les rigoureux aquilons3 n’y soufflent jamais. L’ardeur de l’été y est toujours tempérée par des zéphyrs4 rafraîchissants, qui viennent adoucir l’air vers le milieu du jour. Ainsi toute l’année n’est qu’un heureux hymen du printemps et de l’automne, qui semblent se donner la main. La terre, dans les vallons et dans les campagnes unies, y porte chaque année une double moisson. Les chemins y sont bordés de lauriers, de grenadiers, de jasmins et d’autres arbres toujours verts et toujours fleuris. Les montagnes sont couvertes de troupeaux, qui fournissent des laines fines recherchées de toutes les nations connues. Il y a plusieurs mines d’or et d’argent dans ce beau pays ; mais les habitants, simples et heureux dans leur simplicité, ne daignent pas seulement compter l’or et l’argent parmi leurs richesses : ils n’estiment que ce qui sert véritablement aux besoins de l’homme. Quand nous avons commencé à faire notre commerce chez ces peuples, nous avons trouvé l’or et l’argent parmi eux employés aux mêmes usages que le fer, par exemple, pour des socs de charrue. Comme ils ne faisaient aucun commerce au-dehors, ils n’avaient besoin d’aucune monnaie. Ils sont presque tous bergers ou laboureurs. On voit en ce pays peu d’artisans : car ils ne veulent souffrir que les arts qui servent aux véritables nécessités des hommes ; encore même la plupart des hommes en ce pays, étant adonnés à l’agriculture ou à conduire des troupeaux, ne laissent pas d’exercer les arts nécessaires pour leur vie simple et frugale. […]
Quand on leur parle des peuples qui ont l’art de faire des bâtiments superbes, des meubles d’or et d’argent, des étoffes ornées de broderies et de pierres précieuses, des parfums exquis, des mets délicieux, des instruments dont l’harmonie charme, ils répondent en ces termes : « Ces peuples sont bien malheureux d’avoir employé tant de travail et d’industrie à se corrompre eux-mêmes ! Ce superflu amollit, enivre, tourmente ceux qui le possèdent : il tente ceux qui en sont privés de vouloir l’acquérir par l’injustice et par la violence. Peut-on nommer bien un superflu qui ne sert qu’à rendre les hommes mauvais ? Les hommes de ces pays sont-ils plus sains et plus robustes que nous ? Vivent-ils plus longtemps ? Sont-ils plus unis entre eux ? Mènent-ils une vie plus libre, plus tranquille, plus gaie ? Au contraire, ils doivent être jaloux les uns des autres, rongés par une lâche et noire envie, toujours agités par l’ambition, par la crainte, par l’avarice, incapables des plaisirs purs et simples, puisqu’ils sont esclaves de tant de fausses nécessités dont ils font dépendre tout leur bonheur.
2 La terre de Tharsis : dans l’Antiquité, nom donné à la peninsule ibérique.
4 Vents d’ouest, doux, tièdes et agréables
Portrait de Fénelon, par Joseph Vivien
François de Salignac de La Mothe-Fénelon dit Fénelon, né le 6 août 1651 au château de Fénelon à Sainte-Mondane, mort le 7 janvier 1715 à Cambrai, est un homme d'Église, théologien et écrivain français.
Précepteur du duc de Bourgogne, archevêque de Cambrai (1695-1715), il s'opposa à Bossuet et tomba en disgrâce lors de la querelle du quiétisme, et surtout, après la publication de son roman, Les Aventures de Télémaque (1699), considéré comme une critique de la politique de Louis XIV. L'influence littéraire de ce roman fut considérable pendant plus de deux siècles.
Les Aventures de Télémaque furent publiées en 1699 sans l'accord de l'auteur, et réimprimées en 1717 par les soins de sa famille. L'ouvrage a connu une foule d'éditions, a été traduit dans toutes les langues et a même été mis en vers latins.
Il raconte les pérégrinations de Télémaque, accompagné de son précepteur, Mentor, avatar de Minerve.
Ecrit à l'intention des enfants royaux et en particulier du duc de Bourgogne, le fils aîné du roi, dont il était le précepteur, il provoqua la disgrâce de Fénelon : prétexte à un enseignement moral et politique, il contient des allusions critiques au règne de Louis XIV, représenté sous les traits d'Idoménée.
Dans ce passage, Télémaque et Mentor rencontrent un capitaine de navire dont le frère, Adoam (remarquez la ressemblance de son nom avec Adam, le premier homme, chassé du paradis terrestre), leur dépeint un pays extraordinaire, la Bétique.

Problématique : Fénelon cherche à persuader en charmant l'imagination à travers une évocation poétique, puis à convaincre en s'adressant à la raison à travers des arguments. Cette double ambition est propre aux écrivains du XVIIème siècle ; citez d'autres auteurs qui ont eu une ambition semblable à celle de Fénelon. Comment Fénelon parvient-il à la fois à plaire et à instruire ?
Annonce du plan : Nous étudierons l'évocation utopique de la Bétique, puis la critique indirecte de la société de son temps.
1) Fénelon cherche à persuader en charmant l'imagination à travers une évocation poétique : le début du texte transporte le lecteur vers une contrée merveilleuse, véritable pays de conte de fées ; montrez la dimension poétique de cette évocation, les allusions à la mythologie ("zéphyrs", "aquilons", "Hercule"), aux poètes de l'antiquité grecque et latine, à "l'âge d'or" dépeint par Hésiode (Les Travaux et les Jours), à Virgile (Les Géorgiques, éloge de la vie champêtre), à Ovide (Les Métamorphoses), mais aussi au paradis terrestre, l'Eden (Ancien Testament, Livre de la Genèse)
Montrez que la Bétique a tous les caractères d'une utopie, mais que la description contient également des précisions "réalistes" qui l'apparentent à l'Espagne et plus précisément à l'actuelle Andalousie ("Océan", "colonnes d'Hercule", "terre de Tarsis", "grande Afrique") et font de ce début de texte une petite leçon de géographie physique. Les aventures de Télémaque ont une fonction pédagogique : elles expliquent la géographie des peuples de l'antiquité.
"Utopie" vient d'un mot grec latinisé u-topia, de ou-topos, littéralement "en aucun lieu" (ou eu-topia : le bon lieu). Ce genre littéraire et philosophique remonte à Platon (la Callipolis). Il fut remis au goût du jour à la Renaissance, notamment par Thomas More, auteur d'un ouvrage précisément intitulé Utopia qui a donné le mot utopie, par Campanella (La Cité du soleil) et par Rabelais (l'abbaye de Thélème, Gargantua, chap. LVII). Une utopie est une oeuvre littéraire qui évoque une société idéale. L'utopie, en tant que genre littéraire a généralement une fonction critique. L'influence de l'Utopia de Thomas More (XVIème) est nettement perceptible dans le roman de Fénelon.
a) Une terre bénie des dieux, où il fait perpétuellement beau.
b) Un pays où la terre est exceptionnellement fertile : citez le texte et expliquez "une double moisson."
c) Une végétation méditerranéenne (remarquez les hyperboles "toujours verts" et "toujours fleuris")
d) Des montagnes couvertes de troupeaux qui fournissent une laine d'une qualité exceptionnelle.
e) Un sous-sol riche en minerais précieux
2) L'auteur évoque ensuite les habitants de cette contrée :
a) Ils sont simples, heureux et pacifiques.
b) Ils dédaignent l'or et l'argent : référence à la Bible et aux prophètes de l'Ancien Testament, notamment à Isaïe, non pas à un monde qui fut, comme "l'âge d'or" dont parle le poète grec Hésiode, mais à un monde qui pourrait être ; commentez : "nous avons trouvé l'or et l'argent parmi eux employés aux mêmes usages que le fer, par exemple, pour les socs de charrue." ("De leurs épées ils feront des socs et des charrues et de leurs lances des faucilles." : Isaïe annonce un monde où la paix remplacera la violence.)
c) Caractérisez "l'économie" de la Bétique (pratique du troc, absence de "division du travail", primauté de la valeur d'usage sur la valeur d'échange)
d) Majorité de bergers (comme Abel et Abraham) et de laboureurs, peu d'artisans
3) L'auteur cherche à convaincre en s'adressant à la raison : critique implicite de la "civilisation", notamment de la France et de la cour de Versailles :
a) Critique de l'argent (Fénelon reprochait à Louis XIV de favoriser les exportations et l'artisanat de luxe au détriment de l'agriculture) ; critique de l'or et des pierres précieuses, "richesses princières" dont les rois se servent pour faire la guerre.
b) Critique du luxe (inutilité des Beaux-Arts et des arts d'agrément : décoration, musique, joaillerie, parfumerie, gastronomie, architecture...) ; remarquez les interrogations oratoires (ou rhétoriques) : "Peut-on nommer bien un superflu qui ne sert qu'à rendre les hommes mauvais ?" ; Bernard Mandeville, dans La fable des abeilles (1705), soutient un point de vue opposé à celui de Fénelon : les vices privés contribuent à la prospérité publique.
Comparez ce passage avec la visite de Candide et de Cacambo au pays d'Eldorado ; Les habitants du pays d'Eldorado dédaignent l'or, l'argent et les pierres précieuses, mais sont essentiellement des citadins ; ils pratiquent les sciences, développent les techniques, apprécient le luxe et accordent une grande importance à l'urbanisme et à l'architecture. Loin d'être un précurseur des Lumières, Fénelon reste un homme de son siècle.
c) Critique de la vanité des "Grands"
d) Critique des plaisirs "non nécessaires" et "non naturels"
e) Evocation des vices du temps, conséquences néfastes de la civilisation et du "progrès" : la corruption, la paresse, la vanité, l'envie, la violence, la méchanceté, la jalousie, la crainte, l'avarice. Fénelon évoque ici les sept "péchés capitaux".
Note : Dans la religion catholique, les péchés capitaux correspondent aux péchés dont découlent tous les autres. Ainsi, le mot capital n'est pas en rapport avec la gravité (par exemple, le meurtre n’y figure pas ; le blasphème non plus). Il vient du latin caput (« tête »), par comparaison à cette partie du corps qui dirige l’ensemble : le péché capital conduit à d’autres péchés. Pour cette raison, la Somme théologique de saint Thomas d’Aquin indique que l’appellation de « vices » serait plus appropriée que celle de « péchés ».
Les sept péchés capitaux identifiés par Thomas d'Aquin sont l’acédie (ou la paresse spirituelle), l’orgueil, la gourmandise, la luxure, l’avarice, la colère et l’envie.
Soulignez la dimension oratoire du passage (Fénelon fut un grand prédicateur), les interrogations rhétoriques, les antithèses, les accumulations, le rythme ternaire (exemple : "ce superflu amollit, enivre, tourmente ceux qui le possèdent") ; avec l'évocation poétique de la Bétique, il s'est agi de persuader en charmant l'imagination, il s'agit à présent de convaincre en s'adressant à la raison par des arguments.
f) Montrez que le texte contient une doctrine du "souverain bien" (eudémonisme) en quoi consiste le bonheur (le dernier mot du texte), selon Fénelon ? Montrez que Fénelon concilie la sagesse antique (stoïcisme et épicurisme) et la morale chrétienne.
g) Montrez que ce texte est une critique implicite du règne de Louis XIV et des moeurs de la cour, une dénonciation des effets pernicieux de la rivalité entre la noblesse et le Tiers-Etat et, au sein du Tiers-Etat, entre les plus fortunés et les moins fortunés.
Vous pouvez faire le rapprochement avec la fable de Jean de La Fontaine, La grenouille qui se veut faire aussi grosse que le boeuf :
"Tout bourgeois veut bâtir comme les grands seigneurs,
Tout petit prince a des ambassadeurs,
Tout marquis veut avoir des pages."
Conclusion : Fénelon, en précepteur soucieux de faire réfléchir son élève et de l'inciter à ne pas suivre le même chemin que son père, a choisi de recourir à une utopie. Il puise son inspiration dans l’Antiquité grecque et latine, ainsi que dans la tradition biblique. C’est pour lui l’occasion de critiquer les dérives de la monarchie absolue : le faste, le désir de gloire, les guerres incessantes. Fénelon constate les effets corrupteurs de la civilisation et en appelle à la tempérance et à la conversion.
Même si ce passage peut faire penser au Discours sur l'origine de l'inégalité parmi les hommes, Fénelon n'est pas pour autant un précurseur de Rousseau et de la philosophie des Lumières. Car, contrairement à Rousseau, il croit au "péché originel".
"Cette carte parut pour la première fois, gravée par Berey, dans Les Aventures de Télémaque, Paris, F. Delaulne, 1717, publiées par le marquis de Fénelon. Intéressante car Fénelon se représentait les voyages de son héros selon une géographie proche de celle de la carte. Si la carte permettait au lecteur de suivre cet itinéraire, elle avait aussi une fonction pédagogique en lui enseignant la géographie des peuples de l'Antiquité".
LE BRUN, Oeuvres Complètes, II. Gallimard, 1997. Pages 1280-1281.
Un point de vue diamétralement opposé à celui de Fénelon (vices privés, prospérité publique) : Bernard Mandeville, La fable des abeilles, The fable of the bees : or, Privite Vices, Public Benefits en anglais, est une fable politique de Bernard Mandeville, parue en 1714. Il en a fait un second tome en 1729.
Parue dans un premier temps en 1705 sous la forme d’un poème intitulé La Ruche murmurante ou les fripons devenus honnêtes gens, The Grumbling Hive, or Knaves Turn’d Honest en anglais, la première version ne fut guère remarquée. Rééditée en 1714 avec un commentaire extensif en prose, elle est bientôt devenue célèbre pour son attaque supposée des vertus chrétiennes.
La signification réelle reste controversée jusqu’à aujourd’hui. Friedrich Hayek vit en lui un précurseur du libéralisme économique tandis que Keynes mit en avant la défense de l’utilité de la dépense.
Argument
La Fable des abeilles, développe avec un talent satirique la thèse de l’utilité sociale de l’égoïsme. Il avance que toutes les lois sociales résultent de la volonté égoïste des faibles de se soutenir mutuellement en se protégeant des plus forts.
Sa thèse principale est que les actions des hommes ne peuvent pas être séparées en actions nobles et en actions viles, et que les vices privés contribuent au bien public tandis que des actions altruistes peuvent en réalité lui nuire. Par exemple, dans le domaine économique, il dit qu’un libertin agit par vice, mais que « sa prodigalité donne du travail à des tailleurs, des serviteurs, des parfumeurs, des cuisiniers et des femmes de mauvaise vie, qui à leur tour emploient des boulangers, des charpentiers, etc. ». Donc la rapacité et la violence du libertin profitent à la société en général.
Les vices des particuliers sont les éléments nécessaires du bien-être et de la grandeur d’une société. L’Angleterre y est comparée à une ruche corrompue mais prospère et qui se plaint pourtant du manque de vertu. Jupiter leur ayant accordé ce qu’ils réclamaient, la conséquence est une perte rapide de prospérité, bien que la ruche nouvellement vertueuse ne s’en préoccupe pas, car le triomphe de la vertu coûte la vie à des milliers d’abeilles.
Mandeville est largement considéré comme un économiste et un philosophe sérieux. Il a publié en 1729 une deuxième édition de la Fable des abeilles, avec des dialogues étendus exposant ses vues économiques. Ses idées au sujet de la division du travail s’inspirent de celles de William Petty.
Portée
L’idée selon laquelle les « vices privés font le bien public » a inspiré nombre d’auteurs dont Adam Smith (qui pourtant critique aprêment Mandeville par ailleurs) ou Ayn Rand dans la Vertu d’égoïsme.
Néanmoins, la théorie de Mandeville est bien plus forte, il soutient qu'une société ne peut avoir en même temps morale et prospérité et que le vice, entendu en tant que recherche de son intérêt propre, est la condition de la prospérité.
Réception
Ces positions ont violemment choqué l’opinion de son époque et ont été combattues par la plupart de ses contemporains. Les moralistes spiritualistes Hutcheson, Berkeley réfutèrent la Fable des abeilles. Les juges menacèrent de faire un procès à son auteur.

Thomas More (1527, Frick collection, New-York)
Fénelon, lecteur de Thomas More :
Dans son Utopia, Thomas More prône la tolérance et la discipline au service de la liberté, à travers le portrait d'un monde imaginaire, proche de l'idéal de l'auteur.
Dans la deuxième partie de son ouvrage More décrit l'île d'Utopie, contrepoint lumineux à l'Angleterre de son temps. Comme celle de la République de Platon, l'économie utopienne repose sur la propriété collective des moyens de production et l'absence d'échanges marchands.
Cette société, composée d'une cinquantaine de villes gérées de manière semblable, vit sans monnaie, et les échanges collectifs y prennent la place de l’accumulation privée qui cause en Angleterre les malheurs du peuple.
La première mission du Sénat, qui compte trois députés par ville, est la statistique économique, permettant la péréquation des richesses entre villes : « Chaque père de famille vient chercher tout ce dont il a besoin et l'emporte sans paiement, sans compensation d'aucune sorte. Pourquoi refuser quelque chose à quelqu'un puisque tout existe en abondance et que personne ne craint que le voisin demande plus qu'il ne lui en faut ? Car pourquoi réclamer trop, alors qu'on sait que rien ne sera refusé ? Ce qui rend avide et rapace, c'est la terreur de manquer. »
Utopie commerce uniquement les surplus de son économie avec l'étranger, non pas pour s'enrichir vu que l'or n'a aucune valeur dans son économie mais pour se constituer une réserve d'or pour engager des mercenaires en cas de guerre.
Pacifiques et respectueux de la liberté religieuse, les Utopiens reconnaissent cependant, tous ou presque, un être suprême et l'immortalité de l'âme ; plusieurs embrassent la doctrine chrétienne que leur présentent leurs visiteurs. Fondée sur la volonté de vivre selon la nature, la morale publique d'Utopie est rigoureuse, condamnant la dissimulation, la chasse, les jeux de hasard, la polygamie et l'adultère ; le divorce par consentement mutuel est possible.
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