Max Weber, L'éthique protestante et l'esprit du capitalisme, Plon, 1964
Initialement paru dans la collection "Recherches en sciences humaines", sous la direction d'E. de Dampierre, cet ouvrage est la traduction de Gasammelte Aufsätze zur Religionssoziologie, Band I, 4, Aufl. (Tübingen, Mohr, 1947), pp. 1-236
Première édition 1964
deuxième édition corrigée 1967
Ce texte appartient à la première partie des Etudes de sociologie de la religion.

Max Weber (21 avril 1864-14 juin 1920), sociologue et économiste allemand, est, avec Vilfredo Pareto, Émile Durkheim, Georg Simmel et Karl Marx, l'un des fondateurs de la sociologie moderne.
" Dans l'oeuvre immense du grand sociologue allemand Max Weber (1869-1920), l'Ethique protestante et l'esprit du capitalisme occupe une place singulière. Cette étude de sociologie religieuse, publiée en 1920, n'a pas pour seul objet l'analyse d'un système de croyances. Elle apporte également une éminente contribution au grand débat qui ne cesse d'opposer, depuis plusieurs décennies, partisans et adversaires du matérialisme historique.
Pour Max Weber, Rome ou l'Inde, la Chine ou l'Egypte anciennes ont pu connaître des "embryons" d'organisation capitaliste de l'économie mais la recherche rationnalisée du profit est un trait des Temps Modernes propre aux sociétés occidentales.
Le luthérianisme et plus encore le calvinisme auront été, par les motivations psychologiques qu'ils mirent en jeu, l'une des sources spirituelles de cette rationalisation. L'Ethique protestante ne traite pas du fonctionnement mais de la formation du capitalisme moderne. Elle met en relation des convictions et des comportements : ascèse morale des sectes qui se développent surtout à partir du XVIIème siècle (piétistes, méthodistes, baptistes, notamment) et mode de vie des premiers capitalistes modernes sous le signe de la productivité, de la rigueur et de la raison. Mode de vie que le dogme de la Prédestination rend intelligible, avec sa recherche angoissée des signes de l'élection divine dans la réussite des affaires temporelles.
Toutefois, comme l'affirme Raymond Aron : "Rien ne serait plus faux que de supposer que Max Weber a soutenu une thèse exactement opposée à celle de Marx, expliquant l'économie par la religion, au lieu d'expliquer la religion par l'économie." Les thèses wéberiennes ne proposent aucune détermination unilatérale des phénomènes sociaux. Elles s'opposent au dogmatisme marxiste non pour y substituer un dogmatisme inverse mais pour nous rappeler la complexité du réel."
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