Le Misanthrope - Le THEATRE DU PETIT MONDE
a) Dans son comportement (cf. les didascalies : "se levant brusquement")
La sincérité d'Alceste, son exigence de sincérité absolue :
"Je veux qu'on soit sincère et qu'en homme d'honneur,
On ne lâche aucun mot qui ne parte du coeur."
Cette exigence de sincérité absolue entre en conflit avec l'usage.
C'est ce que lui répond Philinte :
"Lorsqu'un homme vous vient embrasser avec joie,
Il faut bien le payer de la même monnoie,
Répondre comme on peut à ses empressements,
Et rendre offre pour offre et serments pour serments."
"Mes yeux sont trop blessés, et la cour et la ville
Ne m'offrent rien qu'objets à m'échauffer la bile."
(on se souvient que le titre complet de la pièce est "Le Misanthrope ou l'atrabiliaire amoureux")
"Je n'y puis plus tenir, j'enrage, et mon dessein
Est de rompre en visière à tout le genre humain."
"Et n'avoir pas pour eux ces haines vigoureuses
Que doit donner le vice aux âmes vertueuses..."
Alceste ne manque pas de lucidité. Son "franc scélérat" rappelle le personnage de Tartuffe.
Celle de Philinte se rapprocherait du quiétisme (Fénelon) :
"Et voyons ses défauts avec quelque douceur"
La vertu de Philinte est une "vertu traitable", il y a chez lui un certain scepticisme (Montaigne).
A la "raideur des vertus des vieux âges", il oppose l'idéal de "l'honnête homme". (cf. vers 151)
Philinte, modèle de "l'honnête homme" parfaitement adapté à la société de son temps. (cf. vers 159)
"Sa grâce est la plus forte, et sans doute ma flamme
de ces vices du temps pourra purger son âme." (vers 233-34)
Le refus des normes sociales de son milieu et de son temps se manifeste chez Alceste :
1) Par sa conception de la sincérité et son refus de la "politesse mondaine" (Philinte, Oronte)
3) Dans son refus de "l'intrigue" (Oronte, Arsinoé)
4) Dans son attitude par rapport à son procès
5) Dans sa passion pour Célimène
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