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Annale de Français (1ère) (Métropole France) - Bac L 2018
Le sujet gratuit de l'épreuve Français (1ère), bac série L session 2018 en Métropole France.
http://www.sujetdebac.fr/annales/l-francais-premiere-2018-metropole
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Bac de Français (EAF) : Méthodologie de la question de corpus - Le blog de Robin Guilloux
Méthodologie de la question de corpus : Un petit conseil : prenez une feuille de papier ordinaire et placez là dans le sens horizontal, puis tracez autant de colonnes qu'il y a de textes. Notez a...
Texte A : Madame de La Fayette, La Princesse de Clèves (1678)
Texte B : Madame de Staël, Delphine, quatrième partie, lettre XXXV (1802)
Texte C : Colette, La Vagabonde (1910)
Vous répondrez d'abord à la question suivante (4 points) : Quelles raisons ces personnages féminins invoquent-ils pour justifier leur renoncement à l'amour ?
Proposition de corrigé :
Le corpus de trois textes romanesques qui nous est présenté et qui s'étend du milieu du XVIIème au début du XXème siècle, porte sur le thème du renoncement à l'amour.
A la lecture de ces textes, nous pouvons nous interroger sur les raisons que ces personnages féminins invoquent pour justifier leur décision.
Nous répondrons à cette interrogation en analysant d'abord les raisons morales, voire religieuses de leur choix, puis les raisons psychologiques.
Pour justifier leur renoncement à l'amour, deux des trois personnages féminins invoquent des raisons morales, voire religieuses.
C'est le cas de la Princesse de Clèves dans l'extrait du roman éponyme de Madame de La Fayette et de Delphine dans le roman du même nom de Germaine de Staël.
Tandis que la Princesse de Clèves estime de son devoir de sacrifier sa passion à "la mémoire de Monsieur de Clèves", Delphine consent, bien qu'à regret à sacrifier son bonheur à celui de Matilde. Etant la femme de Léonce, Matilde a, selon Delphine "des droits sur son cœur", d'autant plus qu'elle attend un enfant de lui. Delphine est sensible aux arguments de Matilde qui en a appelé à la morale et à la pitié...
Outre des raisons morales, Delphine invoque des raisons spirituelles. Elle emploie le terme religieux de "sacrifice" : "J'ose vous le dire, Matilde, votre religion n'a point exigé de sacrifice qui puisse surpasser celui que je fais pour vous" et en appelle à Dieu "qui lit dans les cœurs, qui sait la douleur qu'elle éprouve et qui estime dans sa bonté cet effort ce qu'il vaut" (qui apprécie cet effort à sa juste valeur).
Mais la véritable raison est qu'elle est incapable d'être heureuse au prix du malheur de Matilde.
Renée n'invoque pas des raisons morales pour justifier son renoncement à Max, mais des raisons personnelles et psychologiques : "partager la vie de quelqu'un, c'est prendre sa part, être de moitié dans ses actes, s'introduire à chaque heure dans la pagode secrète de ses pensées".
Renée ne veut pas partager sa vie intime avec Max et elle ne veut pas non plus que son bonheur dépende de lui. Elle invoque son "orgueil de pauvresse" ; elle est sensible au fait qu'il veut lui apporter le bonheur, mais elle lui dit que le bonheur ne lui suffit pas.
Pas plus qu'elle ne veut du bonheur qu'il lui offre, elle ne veut de sa pitié. Enfin, elle ne veut pas vivre avec quelqu'un qui "lui refuserait le droit d'être triste".
Delphine invoque elle aussi des raisons psychologiques : elle a été l'amie d'enfance de Matilde, ainsi que l'amie de sa mère. C'est elle qui l'a mariée et elle n'a pas pu supporter sa peine : "J'aime mieux mourir qu'avoir à me reprocher vos douleurs. Elle "consent à se déchirer le cœur, afin d'épargner à Matilde une faible partie de ce qu'elle se résigne à souffrir".
La raison du renoncement de la princesse de Clèves à l'amour de Monsieur de Nemours n'est pas seulement le respect de la mémoire de son mari, c'est aussi et peut-être surtout "l'intérêt de son repos". L'expérience lui a enseigné que rien n'est plus contraire au "repos" que la passion amoureuse et redoute que l'amour que lui porte Monsieur de Nemours ne s'attiédisse au fil du temps et qu'elle ne regrette un jour de lui avoir sacrifié son devoir.
Pour conclure, nous nous étions interrogés sur les raisons que les personnages féminins invoquaient pour justifier leur renoncement à l'amour.
La Princesse de Clèves invoque des raisons morales : la fidélité à la mémoire de son mari et des raisons psychologiques : le souci de son repos. Delphine invoque elle aussi des raisons morales en faisant valoir que Matilde est mariée et qu'elle attend un enfant. Cette "âme passionnée capable de générosité" parle de son renoncement en employant le terme chrétien de "sacrifice". Contrairement aux deux autres personnages féminins - mais il est vrai que la situation est différente, Delphine substitue le "souci de l'autre" au "souci de soi"... Sans doute plus proche de la sensibilité moderne, la "vagabonde" revendique son désir "d'indépendance".
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