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Jean-Michel Maldamé, Monothéisme et Violence
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Jean-Michel Maldamé, Monothéisme et Violence

Jean-Michel Maldamé, Monothéisme et Violence, L'expérience chrétienne, Les éditions du Cerf, 2018

Dominicain et membre de l'Académie pontificale des sciences, Jean-Michel Maldamé a été doyen de la faculté de philosophie de l'Institut catholique de Toulouse et professeur de théologie. Il a notamment écrit sur la question du mal : Le scandale du mal, une question posée à Dieu (2001) ; Le Péché originel : foi chrétienne, mythe et métaphysique (2008)

Table des matières :

Note liminaire -Introduction - Ie monothéisme en accusation  : "Une vision de la vie et de l'Humanité - "Une critique du christianisme - II. Monothéisme, religion et violence : "Quel monothéisme ? - "La Religion" - "La violence" - III. Religion, culture et civilisation : "Foi et religion" - "Christianisme et chrétienté - IV. Guerre sainte : "Recours à la force" - "Guerre juste ou guerre sainte ?" - Augustinisme politique - Guerres de religion - La modernité et la sécularisation - V. Dieu souverain : "Un processus d'absolutisation" - "Unité et toute-puissance divine" - "Le Dieu jaloux" - VI. Les avatars du messianisme royal : "Jérusalem ville sainte" - "La croisade" - "Un nouveau David" - VII. Messianisme sacerdotal : "L'Inquisition".
 

Cinquième de couverture : 

"Qui pourrait soutenir que les religions sont sources de paix face aux récents actes terroristes et à la folie du Djihad ? Laissant aux autres monothéismes abrahamiques le soin d'aborder l'étude de leurs responsabilités, Jean-Michel Maldamé interroge, dans l'expérience chrétienne, le lien entre violence et religion.

Alors que l’Évangile repose sur un appel à un amour universel, comment expliquer que tant de chrétiens aient trahi le message de Jésus-Christ ? Quel est le chemin qui mène à la persécution et à la guerre sainte ? D'où vient ce mal qui ronge les cœurs et empoisonne les esprits ? Pourquoi l'Eglise a-t-elle gardé les textes bibliques qui font l'apologie de la violence, depuis la conquête de la Terre Promise jusqu'aux carnages de l'Apocalypse ?

Cet ouvrage analyse les abîmes de noirceur qui se dévoilent dans les cruautés des croisades, de l'inquisition ou des guerres de religion. Il cherche à comprendre l'articulation des causes qui pervertissent la foi et falsifient l'appel de Jésus-Christ à devenir artisan de paix.

Cette quête de la source du mal dans l'histoire de la chrétienté ouvre aussi la porte de l'espérance, car selon la parole du Christ, "Qui fait la vérité vient à la lumière".

Note liminaire :

"La question du mal est radicale. Elle est la pierre de touche de tout propos. Je ne cesse de la porter comme un tourment. Plusieurs ouvrages en témoignent. D'abord, un ouvrage de réflexion théologique par manière d'analyse et de mise en perspective (Le scandale du mal une question posée à Dieu) ; puis, un ouvrage pour creuser la question de son origine selon la tradition occidentale marquée par la notion de péché originel (Le péché originel : foi chrétienne, mythe et métaphysique) ; mais aussi un ouvrage philosophique sur l'origine du mal dans la nature et dans l'humanité (La question de l'origine). Les pages qui suivent prolongent ces réflexions en matière de société et ainsi entendent participer à la construction de la paix dans la fidélité à l’Évangile."

Introduction :

"La question du rapport entre la violence et le monothéisme est enracinée dans l'actualité européenne avec les attentats islamiques ; mais elle ne s'y réduit pas. Il y a de par le monde tant et tant de guerres, d'oppression, de dénis des droits de l'homme... Pourtant, à trop généraliser, on élude la difficulté. Si l'analyse de l'activité djihadiste est une bonne entrée dans la complexité de la question de la violence, la question qui touche au plus profond de la culture occidentale englobe les questions venues de l'essor de la population de la planète Terre et à d'autres défis concernant sa survie. L'ampleur et la gravité de ces défis ne sauraient conduire à éluder une réflexion sur les motivations religieuses ou idéologiques. Pour cette raison, je commencerai par une mise en perspective générale de la question du rapport entre monothéisme et violence ; je ferai appel à des analyses puisant dans les sciences humaines (histoire et sociologie) et dans la théologie proprement dite. Il n'est pas dans notre intention de débattre du rapport entre "religion et violence" de manière exhaustive. Dans cet ouvrage, il s'agit de se confronter à une difficulté fondamentale : comment le message d'amour, exprimé dans les Évangiles, a-t-il pu être dévoyé dans la guerre sainte, l'anathème, la persécution et autres atteintes à la dignité humaine ? La perspective développée entend répondre à l'exigence évangélique exprimée par Jésus : "Qu'as-tu à regarder la paille qui est dans l’œil de ton frère ? Et la poutre qui est dans ton œil, tu ne la remarques pas ? (Evangile de Matthieu, 7,3).

Le pape Jean-Paul II a invité les chrétiens à une démarche de repentance au seuil du XXIème siècle. 

Cette démarche ne se limite pas à un jour. Elle vaut pour tous les temps."

Notes de lecture  : 

Le livre est dédié à la mémoire de Lanza del Vasto "qui ouvrit une voie pour la non-violence en esprit et en vérité".

La dénonciation du monothéisme : 

"Le refus du monothéisme s'enracine dans la tradition romantique dont Schopenhauer est une figure emblématique." (p.17)

Auteurs évoqués : Marguerite Yourcenar, Michel Houellebecq, Alain de Benoist, Jan Assmann, Maurizio Bettini, J.P. Castel

"(...) La dénonciation du monothéisme et corrélativement l'éloge du polythéisme  reposent sur trois axes : d'abord une philosophie de la nature où le vouloir vivre est au fondement de toute chose (Schopenhauer), ensuite, une anthropologie, où l'homme est créateur de soi et des valeurs qu'il se donne, et une morale fondée sur une affirmation de soi qui récuse une conception de la tradition judéo-chrétienne suspectée de limiter l'espace du désir de réalisation de soi pour l'humanité (Nietzsche) ; enfin, une articulation du religieux et du politique ou plus largement du social. Chez ces philosophes, marqués par la tradition chrétienne et habités d'un grand ressentiment à son égard, le christianisme est mis en question de manière spécifique ; il n'est pas difficile de voir que leur éloge du polythéisme n'est qu'un renversement de leur éducation et que leur critique est d'abord une critique du christianisme, l'islam ne servant qu'à confirmer leur opinion (p.22)

Le monothéisme comme source de violence :

"J.P. Castel se réfère à Abraham, le "père des croyants" en mentionnant le récit talmudique qui dit qu'il quitta son pays natal en commençant par détruire les représentations des dieux, des "idoles". Il trouve dans le N.T. un prolongement de cette attitude et y voit la source et le fondement des malheurs de l'histoire du monde marquée par l'héritage chrétien - puisque la colonisation a mis tous les continents au contact du christianisme." (p.23)

J.P. Castel soutien la thèse devenue commune dans le monde des sciences des religions et tout particulièrement dans la culture laïque où il est admis sans réserve que le monothéisme est source de violence." (p.24)

"Dans la mentalité commune dont les auteurs cités sont les porte-parole, la source de la violence religieuse est le "monothéisme abrahamique" en raison du statut des textes fondateurs, la Bible ou le Coran." (p.29)

Analyse critique du concept de "monothéisme" :

L'auteur s'emploie à analyser (et à critiquer) le terme "monothéisme". Il explique que ce terme est une invention récente (Henri More, membre du groupe des "Platoniciens de Cambridge") et a pour effet de gommer les différences essentielles entre le judaïsme, le christianisme et l'islam.

"Si les catholiques reconnaissent que l'islam est un monothéisme strict, les textes du Coran n'accordent pas au christianisme une égale reconnaissance" (p.34)

Les chrétiens sont considérés comme des "associateurs" (un Dieu en trois personnes) et donc des "polythéistes".

L'auteur doute que l'expression "monothéisme abrahamique" puisse englober l'islam et le christianisme.

"L'histoire des origines, tant juives que chrétiennes ou musulmanes, montre qu'il n'est pas évident que le même "Dieu" soit invoqué par les croyants juifs, chrétiens ou musulmans. L'emploi du mot "dieu" ne saurait masquer les différences essentielles pour les traditions juive, musulmane ou chrétienne regroupées superficiellement dans une notion relevant d'une philosophie déiste." (p.34)

L'auteur évoque la relation du judaïsme, du christianisme et de l'islam à la figure du patriarche Abraham : Ismaël et Isaac n'ont pas la même légitimité filiale, eu égard au statut de leurs mères respectives et à la manière dont le patriarche les a reconnus (p.35)

D'autre part, Ismaël relève de l'alliance conclue avec Noé, alors qu'Isaac est dans l'alliance spécifique à Abraham. Pour les chrétiens, la reconnaissance d'Abraham comme "patriarche" au commencement de l'histoire du salut est d'ordre purement spirituel. (p.36)

Le chapitre suivant est consacré à une définition du "fait religieux" en philosophie et dans les sciences humaines. L'expression religieuse n'est pas d'abord conceptuelle, mais symbolique, comme le montre l'importance de la notion de "pureté" analysée par Paul Ricoeur (cette notion est abordée plus loin dans le chapitre sur les guerres de religion)

L'auteur insiste ensuite sur la dimension sociale de toute religion (p. 40 et suivantes)

Analyse critique du concept de "violence" : 

"Les auteurs classiques n'utilisent pas le terme de "violence" comme on le fait aujourd'hui. Ils emploient les termes comme tyrannie, despotisme, guerre, désordre et d'autres expressions relevant de la pensée politique ou du droit." (p.43)

Selon l'auteur, le mot "violence" apparaît au XIXème siècle dans son sens actuel avec Georges Sorel (Réflexions sur la Violence)

"(...) Le sens du terme "violence" n'est pas clair ; aussi l'association des deux termes "violence et monothéisme introduit une certaine confusion dans la qualification des faits dénoncés par l'humanisme..." (p.45)

La violence et le sacré

L'auteur évoque les analyses de René Girard (La Violence et le Sacré) et insiste sur la notion de "sacrifice". "Pour René Girard, le processus sacrificiel consiste dans le fait qu'une "personne symbolique" assure l'unité de toute la communauté contre elle" (p.47)

"Grâce à René Girard, un acte caractéristique de toute religion trouve explication dans le cadre des sciences humaines : le sacrifice. C'est par lui que la communauté assure sa survie et son unité" (p.48)

Foi et religion

"(...) Pour les chrétiens, les éléments constitutifs d'une religion (calendrier des fêtes, règles alimentaires...) relèvent d'un ordre qui n'est pas absolu et cela fonde ce qu'exprime la notion moderne de "tolérance".

Le terme "foi" désigne la relation personnelle à un Dieu personnel, tandis que le mot "religion" désigne l'appartenance à une communauté dont l'unité est constituée par des rites et l'adhésion à des grands récits fondateurs. Cette distinction n'est pas une exclusion, car la foi se vit dans des institutions qui participent de la religion, mais elle empêche qu'elle soit absolutisée. Cela a des conséquences sur la manière de vivre en société, la spécificité chrétienne apparaît clairement quand on compare christianisme et islam." (p.59)

Christianisme et chrétienté

(...) "Le mot "christianisme" désigne la communauté chrétienne à partir de la foi, tandis que le terme de "chrétienté" désigne une forme politique et sociale particulière prise par le christianisme. La variation de ces formes est telle qu'il est impossible de les porter à l'absolu au nom d'une révélation. Or cette forme a varié selon les époques et ses variations permettent d'utiliser le terme pour une analyse plus fine du rapport entre la religion et la société." (p.61)

Guerre sainte

"Le recours à la force pour assurer la concorde intérieure et la défense vis-à-vis de toute agression extérieure pose la question de la contrainte ou de la force. On peut cristalliser cette vaste question sur la notion de "guerre sainte", notion à l'honneur dans la Bible, dans les textes de l'A.T. Sur ce point la tradition catholique est marquée par les propos de saint Augustin et le débat permanent sur la guerre et les moyens de la guerre. L'examen du dossier est nécessaire ; il est accablant ! (p.75)

Jean-Michel Maldamé montre que la notion de "guerre juste" s'oppose à celle de "guerre sainte" du fait de la reconnaissance de l'autonomie du politique (autonomie affirmée par Thomas d'Aquin, alors qu'Augustin a tendance à la refuser)

"Elle (cette distinction entre "guerre juste" et "guerre sainte" n'est pourtant pas simple. En effet (...) s'il y a des "guerres justes", il n'y a jamais eu de "bonne guerre".

J.-M. Maldamé montre que ce débat est toujours actuel ; il donne l'exemple des discours guerriers des présidents américains, mais aussi des mouvements révolutionnaires (l'idée chez Marx que la violence accouche de l'Histoire).

Augustinisme politique

"La demande d'Augustin a été reprise ensuite. Au Moyen-Âge, elle a fondé ce que l'on appelle (...) l'augustinisme politique, doctrine selon laquelle l'Eglise pouvait faire appel au "bras séculier" pour contraindre les dissidents. Du point de vue théologique, H.-X. Arquillière définit l'augustinisme politique comme une "tendance à résorber le droit naturel de l'Etat dans le droit venu de Dieu avec la révélation et donc de le soumettre au droit ecclésiastique". (p.89)

"Le concile Vatican II a récusé cette théologie. Il a reconnu à la fois la valeur des "réalités humaines" au nom d'une théologie de la création qui assure l'autonomie des êtres crées et donc la pleine responsabilité humaine des affaires humaines tant personnelles que collectives. C'est dans cette perspective que se situe le rejet de la notion de "guerre sainte". (p.90)

Guerres de religion

"La notion de "guerre de religion" est équivoque. En effet, la présentation scolaire simplifie à l'excès en affirmant que les combattants ne s'affrontèrent qu'en raison de leur appartenance religieuse. L'analyse des faits montre que ce n'est pas systématique. Dans les guerres entre rois, princes et autres seigneurs, les alliances ne se sont pas faites en fonction de l'appartenance religieuse mais selon des intérêts territoriaux ou économiques." (p.93)

"La thématique de l'impur est une motivation de la persécution. elle habite le discours religieux qui se développe dans l'ordre du symbole ou du mythe." (p.95)

"C'est sur ce fond que la parole de Jésus qui demande de rompre avec les règles du pur et de l'impur montre sa force de nouveauté." (ibidem)

La modernité et la sécularisation

"Il n'a jamais manqué de théologien, de philosophe ou de juriste pour critiquer cette théologie de la guerre." L'auteur cite Marcile de Padoue (1272-1342), Las Casas et Vitoria. (p.97)

Un processus d'absolutisation

"(...) Il existe des équilibres et des compromis qui permettent sinon la réconciliation, du moins d'enrayer le cercle vicieux de la vengeance. Or l'attitude religieuse entrave ce processus quand elle porte à l'absolu les causes du conflit." (p.106)

Unité et toute-puissance divine

"Dire perversion invite à considérer ce qui est perverti et donc à poser la question : le monothéisme est-il source de violence ? Nous venons de voir que c'est le fait de porter à l'absolu une dimension de l'action qui pervertit le sens de la justice. dans ce mouvement d'absolutisation, il y a une erreur dont le nœud est le langage religieux." (p.109)

Jean-Michel Maldamé examine les périls de la définition de Dieu comme "unique" et comme "tout-puissant". 

Pour les conjurer, il propose le recours à l'acte de foi "mystique" comme engagement dans un chemin de purification et de dépassement de toute représentation absolutisante. (p.111)

Le Dieu jaloux

"L'emploi du mot "jalousie" est emblématique de ce que les auteurs cités au début du livre reprochent à la foi monothéiste." (p.113)

J.-M. Maldamé propose de faire intervenir la notion de "création", dans lequel il faut voir un acte généreux qui n'est pas posé pour l'autosatisfaction du créateur, mais pour fonder une réelle altérité. La notion de création écarte la notion de rivalité entre Dieu et le monde et corrélativement la jalousie. (p.115)

"Le Dieu qui se révèle en Jésus-Christ n'est en rien le despote régisseur du monde." (p.118)

Les avatars du messianisme royal

"La notion de messianisme est au cœur de la difficulté de devenir disciple de Jésus et de vivre de son esprit. Ainsi, au lendemain de la résurrection, Jésus se trouve en désaccord avec ses disciples qui lui demandent quand sera rétablie la royauté en Israël (Actes des apôtres 1,6). Pour eux, Jésus, Fils de David et vainqueur de la mort, devrait prendre le pouvoir. Jésus refuse cette démarche et demande d'attendre la venue de l'Esprit. Cette divergence entre les disciples et Jésus ressuscité est permanente ; elle prend des formes diverses au cours de l'histoire. Cette tension se voit sur les deux formes du messianisme, messianisme royal et messianisme sacerdotal." (p.121)

Jérusalem ville sainte

"La référence religieuse sacralise un centre de pèlerinage et porte à l'absolu un conflit dont la source est humaine ; elle radicalise un conflit entre frères rivaux prétendant au "droit d'aînesse". Il est donc clair que le discours religieux a pour effet d'empêcher les procédures de réconciliation qui supposent la relativisation des enjeux et permettent les compromis. La religion est ici la source, ou, pour le moins, caution de la guerre. Corrélativement, on voit comment une lecture scientifique des textes fondateurs libère du fanatisme." (p.125)

La croisade

"La ville de Jérusalem est au centre de la thématique de la guerre sainte menée contre l'Occident qui serait coupable d'avoir l'initiative de la guerre depuis les croisades. L'actualité invite à être attentif à ce point décisif, car c'est à son propos que la chrétienté médiévale a justifié la guerre sainte." (p.127)

"Le combat de la vérité et de la paix participe de ce refus de l'idolâtrie. Il ne s'agit pas du "dieu des autres", mais du "dieu pervers" que chacun porte en soi. Il est en effet trop facile d'accuser les autres, sans voir que la profondeur du mal est en soi, tapie comme le monstre au cœur de Caïn." (p.131)

Un nouveau David

Jean-Michel Maldamé s'intéresse à la reprise du messianisme royal dans le cadre de la culture française et en particulier à la figure du roi saint Louis.

"L'accaparement de la figure messianique par les souverains européens, dont saint Louis est la figure emblématique en France, montre comment le message chrétien peut se pervertir. cette possibilité est permise parce que l'espérance messianique est une expression de l'espérance universelle qui fait partie de l'identité humaine." (p.138)

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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