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Jean Grenier, Essai sur l'esprit d'orthodoxie
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Jean Grenier, Essai sur l'esprit d'orthodoxie

Jean Grenier, Essai sur l'esprit d'orthodoxie, NRF Galimard, 1938

Table des matières :

Première partie. Les solutions des orthodoxies : I. Qu'est-ce qu'une orthodoxie ? - II. L'âge des orthodoxies - III. L'orthodoxie contre l'intelligence - IV. Réponse à un orthodoxe - Deuxième partie. Les problèmes de la culture : I. L'intellectuel dans la société. II. Pour la défense de la culture - III. Note sur les "précurseurs" du matérialisme marxiste  : 1. Héraclite - 2. Épicure - 3. Hegel - 4. Matérialisme et... - IV Remarques sur l'idée de progrès - Lettre à André Malraux 

Né à Paris le 6 mars 1898 et mort à Dreux me 5 mars 1971, Jean Grenier est un philosophe et écrivain. Reçu en 1922 à l’agrégation de philosophie, Jean Grenier commence sa carrière universitaire à l'Institut français de Naples, aux côtés d’Henri Bosco. Après quelque temps passé aux éditions de La NRF, il revient à l’enseignement : professeur de philosophie au lycée d'Alger de 1930 à 1938. Albert Camus fut son élève, il en naîtra une amitié profonde. Camus lui dédia son premier livre L'envers et l'endroit (1937) ainsi que L'Homme révolté (1951) et préfaça la deuxième édition des Îles en 1959. Jean Grenier suit une voie contemplative, taoïste et secrètement chrétienne. Il pensait que le monde n'est pas un problème à résoudre mais un spectacle à regarder. En 1938, l'Essai sur l’esprit d’orthodoxie rassemble des textes écrits essentiellement en 1936 et 1937. Jean Grenier collabore à de nombreuses revues littéraires, philosophiques, artistiques comme L'Œil, XXe Siècle, Preuves...  Après avoir enseigné à Alexandrie, au Caire et à la faculté des lettres de Lille, il occupe de 1962 à 1968 la chaire d’esthétique et de science de l'art à la Sorbonne. Il écrit également des ouvrages sur la peinture.  À la suite de la parution de Albert Camus, il reçut, en novembre 1968, le Grand prix national des Lettres. Jusqu’en 1971, année de sa mort, Jean Grenier publie régulièrement des ouvrages traitant de questions philosophiques. (source : babelio)

Quatrième de couverture :

"L'orthodoxie succède à la croyance. Un croyant en appelle à tous les hommes pour qu'ils partagent sa foi, un orthodoxe récuse tous les hommes qui ne partagent pas sa foi.

Dans ce livre qui est une longue protestation contre l'esprit d'orthodoxie, Jean Grenier s'attaque à certaines orthodoxies de notre temps et indique en particulier le marxisme et le matérialisme en confrontant les théories d’Épicure, Hegel, Marx et Lénine."

Avant-propos :

"C'est entendu : il n'y a guère eu d'époque où la pensée ait été entièrement libre. les privilèges de la naissance, ceux de l'argent y ont fait obstacle et les abus de pouvoir exercés par les aristocrates et les ploutocrates ont eu des compensations fort insuffisantes dans le mécénat. Nous croyions en être débarrassés. Et voilà que les Etats - ces Etats qui devaient, en dépérissant, laisser place à une administration des biens exempts du gouvernement des personnes - ces Etats qui continuent à prospérer et prétendent faire régner la Justice, imposent une doctrine officielle et réclament une aveugle soumission à leurs directives dans tous les domaines.

Sommes-nous donc revenus à l'époque où Li-Sseu, ministre du premier empereur de la dynastie Ts'in, avait ordonné l'incendie de tous les livres - incendie non plus irraisonné comme celui de la bibliothèque d'Alexandrie, imputable au fanatisme, mais calculé ? Un Etat bien gouverné, disaient les Légistes dont faisait partie Li-Ssu, n'a pas besoin de littérature ni d'histoire : la connaissance des lois suffit à l'instruction du peuple.

Si ce livre publié en 1938 reparaît environ trente ans après (un réédition en avait été faite en 1961), c'est que les conceptions auxquelles il s'attaque sont restées les mêmes, tout en n'étant pas toujours appliquées également dans les mêmes pays."

Préface :

"Ces essais ont eu pour occasion l’actualité : aussi croyons-nous essentiel de leur conserver leurs dates et leurs références. Les idées gagnent toujours d’ailleurs à sa rapporter au réel. Mais ils n'ont pas eu pour objet l'actualité, au contraire, puisqu'ils ont été écrits en réaction contre elle. Ils lui reprochent de diviniser certaines formes sociales et par suite de substituer l'action à la pensée, la discipline à la réflexion, le mythe à la vérité.

Un auteur qui ne voulait pas être un auteur : "En voyant l'aveuglement et la misère de l'homme... j'entre en effroi comme un homme qu'on aurait porté dans une île déserte et effroyable et qui s'éveillerait sans connaître où il est et sans moyens d'en sortir." Mais si la situation de l'homme est bien celle-là, et si on ne lui donne pour se rattacher à la société que la liberté de choisir la manière dont son esprit et son corps seront enchaînés, cette tyrannie lui fera regretter son premier état d'anarchie et de désespoir. Passer des îles aux orthodoxies n'est pas un progrès.

Pourtant ces essais ne veulent pas être négatifs, au contraire ; ils marquent seulement que le rapprochement entre les hommes et l'affirmation d'une croyance commune ne peuvent se faire d'une manière valable qu'à certaines conditions, qui sont de croire avec son esprit et d'adhérer avec son cœur."

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