Overblog Tous les blogs Top blogs Littérature, BD & Poésie
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU

 

facefeux-copie-1.jpg

Les Trois Lois de la robotique :

 Première Loi :

 UN ROBOT NE PEUT PORTER ATTEINTE A UN ETRE HUMAIN NI, RESTANT PASSIF, LAISSER CET ETRE HUMAIN EXPOSE AU DANGER.

Deuxième Loi :

UN ROBOT DOIT OBEIR AUX ORDRES DONNES PAR LES ETRES HUMAINS, SAUF SI DE TELS ORDRES SONT EN CONTRADICTION AVEC LA PREMIERE LOI.

Troisième Loi

UN ROBOT DOIT PROTEGER SON EXISTENCE DANS LA MESURE OU CETTE PROTECTION N’EST PAS EN CONTRADICTION AVEC LA PREMIERE OU LA DEUXIEME LOI.

                                                   Manuel de la Robotique

                                                   58ème édition (2058 après J.-C.)

 Sur  la lointaine planète Solaria, une planète dix fois plus grande que la Terre et dont les habitants, descendants des Terriens,  vivent sur de vastes exploitations isolées et ne se rencontrent jamais « en chair et en os », mais communiquent par hologrammes, il y a cent fois plus de robots que d'êtres humains (quelques milliers, tout au plus) et ils font tout à leur place.

Toute proximité physique, hormis entre mari et femme, et encore, à de rares intervalles, est impensable. Les Solariens pratiquent l'eugénisme et favorisent un individualisme exacerbé aux dépens de la solidarité sociale et des liens familiaux.

Tout au contraire, les Terriens vivent dans la promiscuité de mégalopoles sous-terraines surpeuplées et ont la phobie des espaces ouverts.

L'auteur montre le rapport étroit entre l'éducation,  les habitudes, la vision du monde d'un individu, et ses conditions de vie. Leur caractère physique, par exemple leur durée de vie, atteignant trois ou quatre siècles,  leur façon de penser et de se comporter, dépendent des facteurs qui ont forgé la vie des Solariens depuis leur enfance. Il en est de même des Terriens.

Un meurtre a été commis sur Solaria pour la première fois de son Histoire. Un robot semble impliqué, ce qui est incompréhensible car les Lois de la robotique interdisent aux robots de causer le moindre tort aux humains. L'épouse de la victime qui gît, inconsciente, à ses côtés est également suspectée, mais l'arme du crime est introuvable. Quant au robot, son "cerveau positronique" est totalement hors d'usage.

C’est un terrien, Elijah Balley, qui a été choisi par les administrateurs de Solaria pour mener l’enquête, en dépit de  l'aversion et de  la condescendance que les "spatiens" éprouvent envers les Terriens. Il est assisté de Daneel R. Olivaw, un androïde quasiment indiscernable d'un être humain, un duo de choc que connaissent bien  les lecteurs des Cavernes d’acier et qui donne matière à réflexion sur la différence entre l'intelligence humaine et l'intelligence artificielle et sur les avantages et les inconvénients relatifs de l'une et de l'autre (l'esprit de finesse et l'esprit de géométrie dirait Pascal).

Elijah Balley, aidé de Daneel R. Olivaw, réussira à résoudre l'énigme et à déjouer ainsi un complot planétaire, mais aussi et surtout à rapporter à la Terre un message d'espoir : les Solariens semblent plus avancés que les Terriens,  mais leur faible taux de fécondité, la prolifération des robots et l'absence de vraies relations humaines et sociales hypothèque leur avenir ; pour assurer la survie de l'espèce, les Terriens doivent  quitter leurs ruches sous-terraines  pour aller essaimer l'espace et affronter "les feux du soleil".

Le développement sur Solaria de la communication "virtuelle" et d'un individualisme exacerbé aux dépens de la communication "réelle" a des accents prophétiques (le roman est paru en 1957).

Passionnant mélange de science-fiction et de roman policier, assaisonné d'humour, avec un clin d'oeil à l'archétype du détective hollywoodien des années 60, ce livre associe avec bonheur le divertissement à la réflexion et  projette  sur le futur les virtualités du présent (celui du livre, sinon du nôtre). C’est la fameuse « psycho histoire » que l’on retrouve dans la série Fondation.

Face aux feux du soleil, (The Naked Sun), janvier 1957, Flamarion, éditions "J'ai Lu", traduit de l'américain par  André-Yves Richard

 

ISAAC-ASIMOV1.jpg

Partager cet article
Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :