2. Ce qu'est et ce que n'est pas la véritable amitié ou l'amour véritable, selon Madame de Montbrillant :
Mais de quoi parle exactement cette lettre ? De d'amitié ou de l'amour ? Madame de Montbrillant, porte-parole de l'auteure elle-même, Louise d'Epinay, répond à un correspondant, un homme prénommé René qui semble, d'après elle, se faire une fausse idée des relations entre les amis ou les hommes et les femmes : "un tel jour, il m'a fait un mystère ; un autre, il a préféré telle chose au plaisir d'être avec moi, ou à une attention qu'il devait ; ou bien, il aurait dû me faire tel sacrifice..." Et puis vient une bouderie. Eh ! laissez ce commerce de misère et d'ergoterie à ces coeurs vides et à ces têtes sans idées."
L'emploi des pronoms apparemment indifférent des pronoms personnels "il" ou "elle" et le brouillage des points de vues contribue à l'incertitude du thème abordé car tantôt Madame de Montbrillant semble se placer du point de vue de l'homme, tantôt du point de vie de la femme et tantôt du point de vue des deux.
Quelle est la différence entre l'amitié et l'amour ? demandait une admiratrice à Jules Renard. C'est le jour et la nuit répondit plaisamment l'auteur. Sans doute, mais la différence n'est pas toujours aussi tranchée et l'amour peut commencer par l'amitié comme le veulent la carte du Tendre et les Précieuses du siècle de Louis XIV et ce que dit Madame de Montbrillant à propos de l'amitié pourrait s'appliquer non seulement à l'amour, mais aux relations entre les hommes et les femmes en général, si bien qu'on a affaire à une "master class" d'une femme à l'esprit particulièrement affûté qui a, sur ce sujet, un point de vue "philosophique" personnel à un homme dont la conception de ces relations est finalement assez mesquine et peut-être même plutôt "toxique" auquel la femme, contrairement aux usages patriarcaux - la supériorité intellectuelle supposée de l'homme sur la femme - donne une leçon de psychologie, de philosophie et de morale, sans en avoir l'air : "Il y a deux points généraux, essentiels et indispensables dans l'amitié, auxquels tout le monde est forcé de se réunir : l'indulgence et la liberté, sans cela il n'est point de liens qui ne se brisent".
Pour éviter "que ces liens ne se brisent" il ne faut pas exiger que l'autre corresponde à mes désirs, mais l'accepter comme il est et ne pas chercher à le posséder.
3. Un style plaisant qui cherche à plaire autant qu'à instruire
Montrez que Madame de Montbrillant, porte-parole de Louise d'Epinay évite la lourdeur d'une argumentation traditionnelle, par exemple à travers les figures de style comme la métaphore du tableau : "tenez, il faut aimer ses amis comme de vrais amateur aiment les tableaux. Ils ont les yeux perpétuellement attachés sur les beaux endroits, et ne voient pas les autres", la figure de l'asyndète (absence de mots de laison), l'emploi d'un vocabulaire familier, proche du style oral : "Et de mon côté je les enverrai nécessairement au diable", les interjections, les verbes à l'impératif, etc...
Dans la conclusion, vous devez reprendre les conclusion partielles auxquelles vous avec abouti et donner un point de vue d'ensemble. Attention ! La date indiquée (1818) est trompeuse et pourrait donner l'idée qu'on a affaire à un texte romantique, alors que le l'ouvrage a été publié post mortem. Madame d'Epinay ayant vécu de 1726 à 1783. La lettre de Madame d'Epinay appartient pleinement, aussi bien par sa forme que par son contenu à la philosophie des Lumières.
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