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Umberto Eco, L'oeuvre ouverte
Umberto Eco, L'oeuvre ouverte

Umberto Eco, L'oeuvre ouverte (Opera Aperta), traduit de l'italien par Chantal Roux de Bézieux avec le concours d'André Boucourechliev, Editions du Seuil, 1965

Umberto Eco est né à Allessandria (Piémont) en 1932. Il a enseigné aux Etats-Unis (Columbia, Yale, New York University et North-Western University) et à Paris, au Collège de France, ainsi qu'à l'Ecole normale supérieure de la rue d'Ulm. Il est l'auteur de nombreux Essais, parmi lesquels Lector in fabula (Grasset, 1985), Les Limites de l'interprétation (Grasset, 1990), De Superman au surhomme (Grasset, 1993), Six promenades dans le bois du roman et d'ailleurs (Grasset, 1996), Art et beauté dans l'esthétique médiévale (1997). Son premier roman, Le nom de la rose, a obtenu en Italie le prix Strega 1981 (l'équivalent du Goncourt) et, en France, le prix Médicis étranger 1982. Vinrent ensuite Le Pendule de Foucault (Grasset, 1990), L'Ile du jour d'avant (Grasset, 1996), Comment voyager avec un saumon et Nouveaux postiches (Grasset, 1998), et, en 2002, Baudolino (Grasset).

Table des matières :

Préface - I. La poétique de l'oeuvre ouverte - II. Analyse du langage poétique : L'objet esthétique comme totalité et comme lieu d'une transaction - Analyse de trois propositions : de la référence à la suggestion dirigée - Le stimulus esthétique : double organisation et transaction - La valeur esthétique et les deux "ouvertures" - III. Ouverture, information, communication : 1. La théorie de l'information - Le concept d'information selon Wiener - Distinction nécessaire entre signification et information - La communication de l'information - 2. Discours poétique et information - Information, ordre et désordre - 3. Information et transaction - Transaction et ouverture - 4. L'informel comme oeuvre ouverte : L'informel comme métaphore épistémologique - Informel et information - La forme et l'informel - V. Le hasard et l'intrigue (L'expérience télévisuelle et l'esthétique) - Structures esthétiques de la prise de vues en direct - Liberté des événements et déterminismes des habitudes - V. De la Somme à Finnegans Wake, les poétiques de James Joyce : 1. Le catholicisme de Joyce - Premières tentatives - Portrait du thomiste jeune par lui-même - L'Epiphanie : de la scolastique au symbolisme - 2. : La poétique et la forme expressive - La poétique de la coupe en largeur - La poétique de l'Ordo Rhetoricus - Les correspondances symboliques - Une métaphore de la science nouvelle - III. : la poétique des cycles de Vico - La poétique du calembour - La poétique de l'oeuvre ouverte - La "coincidentia oppositorum" - L'Epiphanie comme expérience épistémologique - La poétique hispérique - La poème de la transition - Conclusion - Appendice à l'édition française

Quatrième de couverture

"Depuis le début du siècle sont apparues des oeuvres qui s'offrent à une pluralité d'organisations : compositions musicales dont les parties sont à enchaîner selon le choix de l'interprète, sculptures mobiles, tableaux informels, jeux sémantiques dont Finigans Wake a fourni le modèle. Ce nouveau type d'oeuvres, Umberto Eco le décrit, et l'enracine en le confrontant à l'ensemble de la culture contemporaine, aux sciences qui accordent une importance toujours plus grande au hasard. Il le fonde aussi, en se demandant à partir de la théorie de l'information jusqu'à quel point une oeuvre peutr s'ouvrir sans cesse d'être communication."

Extrait de la préface

"Ce livre est né d'une communication ("Le problème de l'oeuvre ouverte") présentée en 1958 au XIème Congrès international de philosophie, reprise et approfondie par la suite dans la série d'essais ici réunis. Approfondir un problème n'est pas encore le résoudre : on voulu simplement établir une sorte de répertoire de questions auxquelles seule une recherche collective et interdisciplinaire sera peut-être en état d'apporter une réponse.

Les essais qui constituent notre première partie sont précisément une invitation à la recherche : le même problème y est abordé de différents points de vue et à travers différentes techniques dont on espère montrer la convergence. La seconde partie, consacrée au développement de la poétique de Joyce, constitue en revanche une tentative d'étude complète : nous avons voulu suivre de bout en bout l'évolution d'un artiste chez lequel le projet d'une oeuvre ouverte recouvre un effort pour résoudre un problème idéologique, la dialectique de deux visions du monde."

Pour définir l'objet de tous ces textes, nous recourrons à une notion sur laquelle des esthétiques contemporaines s'accordent : l'oeuvre d'art est un message fondamentalement ambigu, une pluralité de signifiés qui coexistent en un seul signifiant. Que cette condition soit propre à toute oeuvre d'art, c'est ce que nous essaierons de montrer dans le second essai (intitulé "Analyse du langage poétique") ; dans e premier essai et dans les suivants, on verra comment cette ambiguïté devient aujourd'hui une fin explicite de l'oeuvre, une valeur à réaliser de préférence à toute autre - et parfois, comme dans l'oeuvre de Joyce, jusqu'en ses limites extrêmes. 

Pour réaliser l'ambiguïté comme valeur, les artistes contemporains ont souvent recours à l'informel, au désordre, au hasard, à l'indétermination des résultats. On est ainsi tenté d'établir une dialectique entre forme et ouverture, qui déterminerait dans quelles limites une oeuvre peut accentuer son ambiguïté et dépendre de l'interprétation active du spectateur, sans perdre pour autant sa qualité "d'oeuvre". Il faut entendre ici par "oeuvre" un objet doté de propriétés structurales qui permettent, mais aussi coordonnent, la succession des interprétations, l'évolution des perspectives.

Cherchant l'éclairage de l'histoire de la culture, nous avons encore essayé d'établir des rapports entre les programmes opératoires dont usent les artistes et ceux qui sont élaborés dans le cadre de la recherche scientifique. En d'autres termes, nous avons cherché à montrer qu'une certaine conception de l'oeuvre d'art s'était formée en relation explicite avec l'évolution des méthodes dans le domaine des sciences de la nature, de la psychologie ou de la logique. D'une façon générale, ces essais (même s'ils présupposent des définitions philosophiques) sont des essais d'histoire de la culture. Ils tentent d'éclairer un moment du devenir de la civilisation occidentale, en choisissant comme point de vue et comme voie d'accès - comme approach) la description des poétiques de l'oeuvre ouverte."

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