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Love me tender

"Car je crois que seul vit véritablement celui qui vit son destin comme un mystère." (Stefan Zweig)

Combien de temps faut-il rester dans un pays pour s'en sentir citoyen à part entière ? Le temps n'y fait rien. On reste toujours du pays où l'on est né, où l'on a fait ses premiers pas, où l'on a appris à parler. J'ai vécu aux États-Unis, mais je ne me suis jamais senti américain. J' étais un petit garçon français exilé en Amérique. Je n'étais pas un habitant, J'étais resté un voyageur.

Je ne suis jamais retourné depuis en Amérique. Je ne connais pas l'Amérique d'aujourd'hui. Je sais que certaines choses y ont changé : les droits civiques des Noirs par exemple. A l'époque, en 1959, il n'y avait pas un seul Noir dans mon école, mais personne ne se demandait pourquoi.

Notre mémoire oublie la grisaille des jours, nous sommes faits d'épiphanies.

La vie se révèle à nous à travers des alternances de calme et d'explosions. De l'Amérique, je me souviens d'épiphanies heureuses ou malheureuses qui m'ont toujours pris au dépourvu

un vélo américain

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Quand je pense à un objet "typiquement américain" des années 60, je pense à mon vélo. Un vélo rouge vif avec des freins à "rétropédalage" qui permettaient de faire des dérapages debout sur les pédales, une fourche triangulaire, un guidon horizontal largement écarté, des pneus larges à flancs blancs et une béquille... Abondance de "matière" que l'on retrouvait dans la plupart des objets manufacturés, en particulier les automobiles.

Notre télévision, vert pomme et blanche, aussi voyante, dans son genre, que mon vélo et "profilée" aussi à sa manière, ne cherchait pas à donner le change, à se faire passer pour un meuble, à imiter le bois, à se faire discrète et à se fondre dans le décor, un placard en chêne ou une bibliothèque, comme celles, un peu honteuses, que l'on fabriquerait en France quelques années plus tard.

A la télévision, je regardais tout et n'importe quoi : les courts métrages d'Alfred Hitchcock me fascinaient et peuplaient mes nuits de cauchemars. Un surtout dans lequel un journaliste avait fait le pari de se faire enfermer seul, pendant une nuit entière dans un musée de cire et que l'on retrouvait mort au petit matin.

Il y avait aussi les westerns : Kit Carson, the Lone Ranger... Les scénaristes avaient dû se creuser la cervelle pour inventer à chaque fois de nouvelles péripéties : mais moi, ce que j' aimais c'était ce qui revenait toujours : la musique de la Grande Chevauchée du générique, le beau cheval blanc nommé "Silver", une certaine façon de sourire du héros, ses gants en peau dont les franges s'agitaient dans les bagarres : on voyait bien que ça n'était pas "pour de vrai".

the-lone-ranger-2.jpg

 

"Porter l'uniforme" : les jeans, les converses et le tee-shirt, ce fut la première et la seule chose que j'aie demandé, avec ce conformisme des enfants qui relève de l'instinct de survie. J' étais habillé comme tous les petits Américains et, comme tous les petits Américains, je passais beaucoup trop de temps devant la télévision. 

Je souffrais de l'absence de mon père qui était resté en France. Durant deux ans et demi, je ne le vis qu'une fois, tout au début, à Alexandria, le temps d'une journée ; il me donna une pièce d'un dollar que je conservai soigneusement. Il était question qu'il reste, mais il repartit. 

Lorsque nous retournâmes en France, mes parents reprirent la vie commune, mais ils restaient des étrangers l'un pour l'autre ; j' aurais dû me réjouir de la présence de son père, mais il ne suffit pas d'être là pour être présent. J'étais trop jeune pour le comprendre, mais assez vieux pour le sentir. 

Les enfants vivaient en marge des adultes, dans un monde qui avait ses propres lois. Les bagarres faisaient partie des règles du jeu et je jouais le jeu, mais à contre-emploi ; je savais bien qu'il ne suffisait pas d'avoir le dessus. Même si leur famille était d'ailleurs, ils étaient nés ici. J'étais resté un "frenchy".

J'étais loin d'être un ange et cette violence qui était un peu partout, partout, je l'avais aussi en moi. Je l'avais en moi. Certaines bagarres commençaient à mains nues et se poursuivaient à coups de pierre ; un jour, j'en reçus une qui m'entailla profondément le front.

Au début, nous  habitions en Virginie, à Alexandria, une maison en bois blanc, légèrement en retrait de la route, sans barrière ni clôture, une de ces maisons typiques avec une terrasse ombragée, comme il n'en existe que dans l'espace ouvert et arboré des banlieues américaines. Il y avait un temple protestant près de chez nous et je me rendais de temps en temps en cachette à l'école du dimanche. Les Protestants étaient particulièrement accueillants ; il y avait chez eux une atmosphère affectueuse et familiale qui n'existait pas chez les catholiques.

spring_kousa_dogwood.jpg

 

Il y avait des arbres que je n'ai jamais vus en France, les "dogwoods" ; l'Etat de Virginie les a pris pour emblème à cause de leurs belles fleurs blanches, sèches et sensuelles, un peu semblables à celles du tulipier.

Je prêtais aux dogwoods des vertus miraculeuses : je m'approchais respectueusement de l'unique specimen de la résidence où nous  habitions à Arlington, après notre déménagement d'Alexandria.

Il fut pour moi comme le Buisson ardent d'où rayonnaient silencieusement les Paroles du Livre de l'Exode : "N'approche pas d'ici, retire tes sandales de tes pieds, car le lieu où tu te tiens est une terre sainte."

Quand je compris que les dogwoods sont des arbustes comme les autres, je n'en fus pas plus heureux.

A New-York, je passai une journée entière à lever les yeux vers le ciel... Il fait beau, je porte un joli costume d'été bleu clair avec des rayures blanches... Je suis inexplicablement heureux et je s'amuse, je ne sais pourquoi, à envoyer de temps en temps un petit jet de salive entre mes incisives.

 Je me souviens d'un autre sujet d'étonnement : les 14 chaînes de télévision dans la chambre d'hôtel où je vis pour la première fois sur l'écran le décollage d'une fusée.

Aux États-Unis, tout me paraissait immense : les lacs, les montagnes, les arbres... Mais les "skyscrapers" n'étaient pas immenses, ils étaient écrasants, vertigineux.

Et puis il y a les souvenirs que l'on ne peut pas vraiment raconter, mais dont on peut seulement faire l'inventaire : je me souviens de l'Ed Sullivan Show, des glaces à l'eau, de la trompe de la camionnette du livreur, des enfants accourant de tous côtés, du képi des grands élèves en uniforme beige, réglant la circulation aux abords du collège, des bus oranges, du drugstore d'Alexandria, de la publicité pour le Seven up, de ma cravate à clip, de Timberlac...

Dans ce pays obsédé de pudeur où, en dehors des films et de façon très codifiée, il n'était jamais question de sexe, le mari d'une amie de ma mère me fit des confidences qu'un adulte ne fait pas à un enfant de neuf ans et j'éprouvais auprès de cet homme qui me confiait ses faiblesses les plus intimes un sentiment d'effroi mêlé d'une fierté bizarre. 

C'était un aristocrate français déclassé, totalement en décalage avec la mentalité américaine ; sous l'ironie superficielle et les mots d'esprit des libertins de la régence, se cachait un mal de vivre qui eût été émouvant sans l'animal (a wild cat ?) que l'on sentait toujours prêt à griffer, un mal de vivre qu'il noyait dans le whisky et les aventures masculines. "J'ai épousé un enfant", disait sa femme en souriant avec mélancolie. Il ressemblait  au héros de "Lolita", sauf que lui, ce n'étaient pas les nymphettes, mais les jeunes garçons qui l'intéressait. Les choses en restèrent là, mais j'ai rarement senti un danger si obscur et si pressant. 

J'ai aussi le souvenir d'une femme devant un hôpital, enfermée dans un fourgon aux vitres grillagées, qui hurlaient comme une démente.

J'avais un copain plus âgé qui travaillait au drugstore, en centre-ville. Un jour, je le vis près du terrain de base-ball, très amoché. Il s'était fait agresser par une bande en sortant de son boulot. Ces choses-là étaient presque banales.

Il y avait aussi ce condamné à mort qui attendait depuis vingt ans son exécution et dont parlaient régulièrement la radio et la télévision. Je ne comprenais pas ce qu'avait fait cet homme et pourquoi il était enfermé, mais j'avais suffisamment goûté à l'amertume de la solitude pour compatir à la sienne et pour sentir aussi que ce "paria" soudait la communauté des "honnêtes gens". 

Ainsi, prenais-je peu à peu conscience, comme tous les enfants  d'un monde obscur, tapi comme un animal dangereux derrière la trame d'une tapisserie rassurante qu'il cherchait à lacérer : le monde des adultes.

En dehors du collège, je menais une vie assez libre. Je rêvais de me faire de l'argent de poche en livrant des journaux à vélo, comme le faisaient les garçons plus âgés. J'admirais le geste habile et désinvolte avec lequel ils jetaient les journaux, sans jamais les abîmer, près de la porte d'entrée des maisons.

Mon seul ami s'appelait Johnny. Sa mère vivait entre sa cuisine et sa télévision, avec des bigoudis perpétuels sur la tête et passait son temps à le houspiller Nous avions un point commun, Johnny et moi : lui non plus n'avait pas son père... Il n'avait pas son père, pas son père. Lui non plus n'avait pas son père.

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"Love me tender" : c'était la formule magique... Et nous nous blottissions l'un contre l'autre dans un recoin de la "coin laundry", généralement déserte, au sous-sol de l'immeuble, enveloppés dans la splendeur, dans le "tunnel d'amour", bonheur parfait, océanique, paradis intérieur où rien ne manquait, pas même la brûlure délicieuse d'un désir obscur et naissant, oubliant nos pères absents, ta mère qui ne t'aimait pas, la mienne qui m'aimait trop, la violence, le rejet, le conformisme, la vaste indifférence du monde... "Stand by me, you are not alone !"... Johnny, ton front pur, tes cheveux d'or, ton adorable visage, tes yeux comme un morceau de ciel américain, ton tee-shirt américain des années 60, ton jean et tes converses de garçon américain, ton odeur saine et suave de garçon américain... Johnny l'autre visage de l'Amérique, celui de James Dean, de Tennessee Williams et de Montgomery Clift .

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Je fredonnais à un ange (mais à un ange bien terrestre), des paroles qui auraient pu s'adresser à Dieu :

"Love me tender,

Love me sweet,

Never let me go.

You have made my life complete,

And I love you so.

 

Love me tender,

Love me true,

All my dreams fulfilled.

For my darlin' I love you,

And I always will.

 

Love me tender,

Love me long,

Take me to your heart.

For it's there that I belong,

And we'll never part.

 

Love me tender,

Love me dear,

Tell me you are mine.

I'll be your's through all the years

Till the end of time.

J'ignorais encore que dans ce monde où tout passe, la joie se mêle toujours à la douleur et qu'un être aimé n'est "entièrement" à nous, pour autant qu'il le soit "entièrement", que le temps d'une chanson. 

Cette impression d'espace ouvert, si caractéristique de l'Amérique, m'enfiévrait ; je m'aventurais dans d'interminables ballades lointaines et solitaires, à pied ou à vélo, tantôt vers la ville, tantôt vers la campagne. 

J'avais lu les aventures de Tom Sawer et je les transposais là-bas, en Virginie, rêvant de retrouver Huckleberry Finn au milieu des champs de maïs ou près des eaux sauvages, limoneuses et puissantes du Potomac. 

Et parfois je m'arrêtais, je laissais tomber mon vélo, je me couchais sur le dos, je contemplais les nuages et je me demandais : "Why ?"

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De toutes les saisons, c'était l'automne que je préférais... L'incendie subtil et délicieux, la splendeur et le vide. J'aimais aussi la neige en hiver parce qu'elle supprimait les limites et rendait le monde moins concret. 

De l'école catholique que je fréquentais à Arlington, Saint Thomas More, un grand bâtiment en briques rouges, je me souviens des sœurs en habit, du "self" qui n'existerait en France qu'une vingtaine d'années plus tard, du chocolat froid et des hamburgers et aussi des livres de classe : celui d'Histoire avec la description des "premiers habitants" qui ne ressemblaient pas du tout à ceux que l'on voyait dans les westerns, les "Pilgrim's Fathers", la Guerre d'Indépendance (nous passâmes des heures sur l'épisode du thé déversé dans la mer), les Pères fondateurs, le Guerre de Sécession...

Cette Histoire paraissait bien étrange à ma mémoire interrompue. Il n'était évidemment pas question (mais ce n'était pas évident pour moi) de "nos ancêtres les Gaulois", ni de Clovis, ni de François Ier, ni de Louis XIV, ni de Napoléon. Un certain Tadeusz Kosciuszko, parfaitement inconnu des écoliers français, était célébré comme un héros national, aux côtés d'un personnage secondaire de l'Histoire de France, le marquis de La Fayette.

Il eût fallu, pour que l'Histoire de l'Amérique me fût familière, qu'en lieu et place du 14 juillet, nous eussions célébré depuis toujours, en famille, la fête de Thanksgiving, avec le rite de la prière et du partage de la dinde. Je vivais, sans le savoir, le drame des immigrés de fraîche date : j'avais beau chanter, chaque matin, la main sur le cœur le Star Spangled Banner, le cœur n'y était pas.

Cette expérience me fut cependant profitable. J'admis que mon pays d'origine n'était pas, comme je le croyais naïvement jusqu'alors, "le centre du monde".

Dans un livre, sans doute destiné à nous inculquer la morale, je me souviens de l'histoire d'un frère et d'une sœur qui offraient des fleurs de leur jardin à une vieille dame de leur quartier : leur jardin échappait à un terrible orage qui dévastait celui d'un autre enfant, qui n'avait pas voulu donner ses fleurs. Les illustrations en couleurs montraient le beau jardin épargné, le sourire radieux des deux enfants généreux, la vieille dame avec son bouquet et l'enfant "égoïste", trempé et déconfit, devant son jardin dévasté. Cette histoire me plongeait dans un abîme de perplexité.

 

Valentines20Day.pngQuand venait le "Valentine's Day", on nous distribuait un album luxueux qu'il fallait non seulement acheter, mais aussi remplir. Je ne savais absolument pas quoi faire de cet album où je n'aurais rien pu écrire d'autre que le nom de Johnny, mettre d'autre photo que la sienne (je n'en avais pas) et les paroles de la chanson d'Elvis, "Love me tender", mais j'étais un garçon et je ne devais mettre que des photos de filles (il fallait en mettre plusieurs, pas une seule). Alors je ne mettais rien, je regardais les autres faire exactement ce qu'il fallait faire, écrire ce qu'il fallait écrire, mettre les photos qu'il fallait mettre, après les avoir demandées et les avoir obtenues, et je m'étonnais de toutes ces amours cachées que je n'avais pas remarquées.

Mais je m'aperçus enfin qu'il n'y avait en réalité aucun amour caché ; "les autres" remplissaient l'album comme on s'acquitte d'une formalité, d'un rituel qui revenait chaque année, comme Thanskgiving ou Halloween qui faisait si peur à ma grand-mère, parce qu'elle ne comprenait pas plus que moi celui de l'album du Valentine's Day, le sens de cette fête qu'elle prenait au sérieux, au point de penser que la formule rituelle "A treat or a trick" était une menace de sortilège mortel. 

La religion se réduisait à de petites médailles, des scapulaires et des images pieuses qui étaient aussi, autant que je m'en souvienne, des cartes perforées d'ordinateur ; on devait les glisser dans une enveloppe avec l'obole de la quête.

Un jour où nous devions faire une excursion, ma grand-mère, sans penser à mal et oubliant que nous étions un vendredi, m'avait préparé un sandwich au jambon. Je me souviens de la rage froide avec laquelle un camarade l'avait jeté par terre, m'accusant d'être un impie : c'était là l'essentiel de leur foi.

En cliquant sur une souris d'ordinateur, on peut faire des voyages "virtuels" à la vitesse de la lumière : en consultant le site Internet de mon ancien collège américain, j'ai constaté que "le projet éducatif" et les critères de recrutement avaient changé et je m'en réjouis. Oui, dans un sens, je m'en réjouis, but...

Un jour, une sœur qui enseignait dans une classe de "grands" entra dans la nôtre. Elle recrutait des choristes pour chanter dans la chorale du collège. C'était un très grand honneur de faire partie de cette chorale et tous les enfants de la classe se levèrent pour passer l'audition, sauf moi. It's not for me.

Quelques jours plus tard, notre "teacher", sister Maria Fidelia  me demanda pourquoi je n'étais pas allé avec les autres ; je me souviens de son nom à cause du dictionnaire qu'on nous avait distribué au début de l'année, le seul objet "américain" que j'aie conservé : un vrai dictionnaire de "grand", un Webster collegiate dictionary, avec des onglets alphabétiques sur la tranche. On nous avait fait inscrire son nom sur la page de garde, après notre propre nom, notre adresse, le nom du collège et l'intitulé de la classe et il y est encore, cinquante ans après, même si l'écriture est un peu délavée : sister Maria Fidelia. Je m'en sers encore.

Je lui répondis que je ne savais pas chanter et que je pensais n'avoir aucune chance d'être pris. Il se produisit alors une chose étrange. D'ordinaire assez distante, elle m'encouragea à tenter tout de même ma chance. A moitié mort de peur, je me rendis dans la classe du chef de chœur (une sœur qui enseignait aussi le français) ; elle me demanda de chanter quelque chose devant les élèves.

Je choisis la première chanson qui me vînt à l'esprit, une vieille chanson française que je savais par cœur et que personne ici ne devait connaître, une chanson qui parlait d'une fontaine, d'un rossignol, d'une jeune fille dont les peines se mêlaient aux miennes... "Chante rossignol chante, toi qui a le cœur gai, tu as le cœur à rire, moi, je l'ai à pleurer..."

A mon grand étonnement, je fus pris !

On nous avait demandé d'évoquer avec des mots et des dessins notre livre préféré. J'avais choisi "Le Ballon rouge" d'Albert Lamorisse, une histoire d'enfant solitaire qui se lie d'amitié avec un ballon rouge. Moi aussi, j'aurais voulu m'envoler dans une montgolfière avec mon grand-père, comme le faisait le petit garçon de l'histoire avec le sien. Mais mon grand-père était resté à Paris, dans un pays lointain que je ne pensais jamais revoir...

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