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A la mémoire de Max Jacob

 

Effilochée de brume, aérée de lumière, tu tends à la douce pluie qui brille d’un rêve ancien, au miroir des genêts, tes gris pignons de granit…

Locronan, ma perle grise, mon asile, mon reposoir, ma fileuse de voiles grises qui songeais aux galions que tu gréais, toi qui ne vis jamais la mer…

Elle chante là-bas devant Crozon…

Vous rêvez l’une à l’autre de part et d’autre des sentiers mauves du Menez Hom, qui vous séparent et vous rapprochent, car l’amour meurt de trop de présence.

Le saint aux yeux de feu, le guérisseur est toujours là.

Le semeur d’Evangile, debout, cheveux au vent dans son coracle solitaire, le sage évêque du gisant veillé de lions, héritier des devins et des druides, le gardien de la clairière, le veilleur de la mémoire, le tisseur vertical, le marcheur matinal, le tendre fou, le fol en Christ, la boussole des Troménies, des rivaux pacifiés purifiant le miroir.

Du puits d’amour et de pitié sourdent ses larmes.

Il dort près de la source de Locronan maintenant le miracle.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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