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Anne Baudart, Naissances de la philosophie morale et religieuse, Le Pommier, 2016

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Agrégé de philosophie, Anne BAUDART est Maître de Conférences à l’Institut d’Études politiques depuis 1989 (Enjeux politiques, philosophie publique), professeur de Chaire Supérieure depuis 1994 et professeur de Première Supérieure (ENS, Ulm) à Paris depuis 1999. Membre titulaire de la Société Française de philosophie (S.F.P.), elle est aussi Vice-Présidente de l’Association internationale des Sociétés de philosophie de langue française (A.S.P.L.F.) et membre du Comité de rédaction de la Revue de Métaphysique et de Morale. (source : babelio)

Sommaire :

Préface - Avant-propos. Quelle philosophie politique ? Quelle philosophie religieuse ? - Fondation I, Athènes : Chapitre 1. Aux premiers commencements - La philosophie assassinée - La nostalgie des origines - Généalogie du mal individuel et collectif - Chapitre 2. Histoire et origine (Historia et Arkhé) - Naissance de la cité - De la royauté mycénienne à la royauté homérique - L'éclatement de la souveraineté - Nouveau paysage économique et social - Nouveau paysage mental - Chapitre 3. Vers un nouveau cosmos politique - Les mutations du VIème siècle - L'eunomia solonienne - Pisistrate : une juste tyrannie - l'isonomia clisthénienne - Incidence des réformes clisthéniennes - Sparte, la cité oligarchique - Chapitre 4. Périclès et la démocratie - Le régime populaire sous Périclès - Misthoi et régulation des pouvoirs - Assomption et déclin de la démocratie - Chapitre 5. Avénement de la philosophie politique - Le Bien ou le Juste, le Vrai et le Beau - L'enseignement pérenne de l'arkhê - La noble politique - La fin du politique : le vivre-ensemble - Aux âges de l'Empire macédoien, une phiosophie de la mesure - Fondation II : Cicéron et la République de Rome - Chapitre I. devoirs de mémoire - Chapitre 2. République : "Etat régi par des lois" - Chapitre 3. Ordre éthique, politique, cosmopolitique - Fondation III : Chapitre I. La Cité de Dieu augustinienne, naissance de la philosophie de l'histoire - Chapitre 2. Combat augustinien pour l'unité chrétienne - Fondation IV, Une ère nouvelle : Chapitre 1. La révolution chrétienne - Chapitre 2. Saint Paul, un nouveau Socrate ? - Conclusion - Notes - Bibliographie

Mon avis sur le livre :

En ces temps d'incertitude et de recherche d'une identité et d'une culture partagée ce petit livre clair et concis fait le point sur les trois fondements de la démocratie et des institutions occidentales (ce pourquoi le mot "naissances" dans le titre est au pluriel) : Athènes (Fondation I), Cicéron et la République de Rome  (Fondation II), Rome, l'Empire et le christianisme, la révolution chrétienne, saint Paul (Fondations III et IV)... Un livre indispensable pour savoir d'où nous venons et où nous allons.

Quatrième de couverture :

"Comment penser l'évolution du monde aujourd'hui ? L'analyse du passé peut-elle nous aider à mieux appréhender ses bouleversements ? Revisités de façon éclairante, l'Antiquité grecque et romaine, puis les débuts du christianisme nous permettent ici de comprendre qui nous sommes, dans nos manques et nos richesses, nous Européens, nous Occidentaux, de comprendre qui nous étions, qui nous devenons, qui nous deviendrons. Socrate, Platon, Cicéron, saint Augustin, saint Paul : des hommes qui ont pensé et expérimenté, chacun à leur manière, chacun à leur époque, ce qui, aujourd'hui, fait que nous vivons les uns avec les autres dans l'espace public du politique. Ces Naissances des fondations et des fondements de la « modernité » dissipent l'ignorance, luttent contre l'oubli de ce qui forge l'identité d'une culture commune aux variables plurielles : seules la connaissance et sa mémoire vive délivrent des cécités, terreaux des fanatismes. En ces temps de tumultes, les Anciens n'ont jamais été plus modernes."

Extraits de la préface :

"La nouvelle édition des Naissances de la philosophie politique et religieuse vise, dix ans après sa première sortie en librairie en 2006, à réfléchir à nouveau sur les fondations historiques et politiques, culturelles et religieuses de l'occident, scellées, au cours de plus de deux millénaires, dans la Grèce antique, puis à Rome, dans la République et l'Empire du Monde.

Ce retour en 2016, coïncide avec des mutations d'importance au coeur de notre vieil Occident, qui l'obligent à se regarder et s'évaluer à l'aune de nouveaux bouleversements migratoires de masse, de la confrontation avec d'autres univers mentaux et religieux, comme les différentes voix de l'islam, par exemple, de la surenchère individualiste des citoyens d'aujourd'hui, prêts à s'unir et à se désunir aussi vite, sous la pression de l'instant, de la désaffection grandissante du politique et de l'expression multiforme de la violence qui s'y substitue...." (p.10)

"Les réflexions d'aujourd'hui obéissent, peut-être davantage encore qu'en 2006, à un souci de comprendre une actualité marquée par une "mondialisation" des rencontres, des échanges, des débats, demandant une attention accrue aux socles d'origine culturelle de chacun et de tous, fussent-ils enfouis dans l'opacité d'une histoire ignorée et méconnue. Pour dialoguer, pour s'entendre, pour dépasser la brutalité et l'épaisseur des surfaces, il importe de connaître les fils croisés des héritages qui les constituent.

Pour ne pas défigurer l'altérité, l'identité, au coeur même de la diversité, doit être mise au jour, scrutée avec attention et soin, évaluée, soupesée, affinée grâce à un échange ou nul ne s'emmure sur lui-même par facilité ou paresse. La communication réussie suppose patience, connaissance, écoute et respect. Ces Naissances ont vocation, aujourd'hui plus encore qu'hier, à tracer les lignes d'un partage riche des apports issus des sols nourriciers qui façonnent l'être individuel et collectif des hommes et des peuples..." (p.38)

"Mettre au jour les Naissances de la philosophie politique et religieuse débouche sur une leçon éthique forte : celle de la nécessité d'une rencontre sans préjugés de ce qui fait l'âme des peuples, lors de leur autoconstruction. L'âme du peuple grec de l'Antiquité archaïque, puis celle du peuple romain, de la République, puis de l'Empire, celle du peuple chrétien à Rome et dans le bassin méditerranéen, ont chacune leur aire propre, leur corps de valeurs propres, leur destin propre. A partir de cette singularité d'origine, de cette inscription précise dans l'histoire et la durée, se sont nouées des rencontres, des unions, des inimitiés signifiantes pour l'avenir de leur passé. Nous ne sommes pas sans testament, nous ne sommes pas sans héritage, même s'il est parfois, en raison de la durée longue qui nous en sépare, flou, malaisé à cerner et clarifier, parfois méconnu.

La tâche de la philosophie peut en raviver les contours, la nature et les couleurs, contribuer à en goûter les fruits aujourd'hui et, surtout, faire en sorte que les dénis et incompréhensions d'hier ne se répètent pas. La philosophie est riche de ces legs culturels, spirituels, qui la nourrissent et la grandissent. "Tout ce qui naît est sujet à corruption" aime à dire Platon, dans une langue biologique, physiologique, naturaliste. Tout ce qui naît peut aussi prendre place dans la voie d'un progrès culturel et spirituel dont nous portons la responsabilité du développement. A nous de faire que notre monde ne périsse pas à cause de sa peur de "l'autre", le "barbare", l'externus ou, plus simplement, le "différent". A nous de mettre en oeuvre, à partir des Naissances, des renaissances, par-delà les morts, peut-être nécessaires à leur éclosion, mais aussi à leur survie dans la durée à venir." (p.40)

 

 

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