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Le Point, Le grand monde de Proust

Le Point (Références), hors série, Le grand monde de Proust, ses personnages, ses secrets, son génie..., Juillet-Août 2019, avec Jean-Yves Tadié, Claude Arnaud, Jérôme Bastianelli, Karol Beffa, Mathilde Brézet, Jean-Paul Enthoven, Raphaël Enthoven, Patrick Mimouni, Eugène Nicole, Michel Schneider, Olivier Wickers.

Proust et les personnages-lieux par Patrick Mimouni - Proust et les peintres par Olivier Wickers - Proust et les musiciens par Karol Beffa - Proust et le sexe par Jean-Paul Enthoven - Proust et les philosophes par Raphaël Enthoven - Proust et les Juifs par Patrick Mimouni : article très éclairant sur l'influence de la Kabbale (le Zohar ou Livre de la splendeur), du Talmud et dLivre des égarés de Moïse Maïmonide sur l'oeuvre de Proust.

Proust et les "personnages-lieux" par Patrick Mimouni - Proust et les peintres par Olivier Wickers - Proust et les musiciens par Jérôme Bastianelli - Proust et le sexe par Jean-Paul Enthoven - Proust et les philosophes par Raphaël Enthoven - Proust et les Juifs par Patrick Mimouni.

A l'occasion du centième anniversaire du Prix Goncourt de Marcel Proust pour A l'ombre des jeunes filles en fleur (1919), Le Point vient de publier un numéro spécial sur l'auteur de La recherche.

Note :

A propos de l'attribution du Prix Goncourt à Marcel Proust en décembre 1919, Thierry Laget, Proust prix Goncourt, une émeute littéraire (NRF Gallimard, avril 2019)  : 

"10 décembre 1919 : le prix Goncourt est attribué à Marcel Proust pour À l’ombre des jeunes filles en fleurs. Aussitôt éclate un tonnerre de protestations : anciens combattants, pacifistes, réactionnaires, révolutionnaires, chacun se sent insulté par un livre qui, ressuscitant le temps perdu, semble dédaigner le temps présent. Pendant des semaines, Proust est vilipendé dans la presse, brocardé, injurié, menacé. Son tort ? Ne plus être jeune, être riche, ne pas avoir fait la guerre, ne pas raconter la vie dans les tranchées. 
Retraçant l’histoire du prix et les manœuvres en vue de son attribution à Proust, s’appuyant sur des documents inédits, dont il dévoile nombre d’extraits savoureux, Thierry Laget fait le récit d’un événement inouï – cette partie de chamboule-tout qui a déplacé le pôle magnétique de la littérature – et de l’émeute dont il a donné le signal." (source : site des éditions Gallimard)

Editorial :

Anatole France : "la vie est trop courte, et Proust est trop long." Ah oui ? Anatole France ? Qui lit encore Anatole France ? Tout juste sauvé par un nom de famille mémorable et un beau titre de roman, Les dieux ont soif... Alors que Proust... Pas besoin d'être sauvé : il règne. Monarque absolu du royaume des Lettres, révéré même par celles et ceux qui ne l'ont pas lu, c'est dire...

C'est aussi en pensant à ces chanceux, trop longtemps intimidés par cette cathédrale de mots qu'est A la recherche du temps perdu et qui bientôt connaîtront le plaisir, mieux l'illumination proustienne, que nous avons pensé en réalisant (avec un commando de proustiens, voire de proustolâtres) ce grand guide de ses principaux personnages.

En traitant d'abord Charlus, Odette, Albertine, Saint-Loup ou Vinteuil comme de vraies personnes, avec leurs traits de caractère, leur généalogie, leurs goûts et leurs dégoûts, mais sans oublier - en dépit de la querelle qui opposait Proust à Sainte-Beuve - que ces créatures de papier doivent aussi considérablement à certains êtres de chair et de sang que "petit loup", comme l'appelait sa mère, Jeanne Proust, croisa dans le vrai monde. 

Un mot, d'ailleurs, sur ce "monde", qui fait parfois accroire que les 3 000 pages écrites par Proust seraient résumables au tableau d'une société révolue qui ne nous parlerait plus aujourd'hui. C'est évidemment faux. La "data" proustienne - les tirages, publications, colloques, l'activité numérique même, autour du nom de Proust - suffirait à le prouver, mais ce ne sont jamais seulement les chiffres qui comptent.

Ce qui compte, c'est que dans la Recherche il y a tout : l'enfance, l'amour, la beauté, la philosophie, la musique, l'art, le sexe, la haine de soi, le désir d'être un autre. Voilà aussi pourquoi nous avons entrelardé nos portraits de personnages de Proust par de grands tableaux des obsessions proustiennes.

Une précision, encore : la Recherche est, plus que tout autre chef-d'oeuvre, un livre-miroir, c'est-à-dire un livre qui se transforme avec l'âge et l'état d'esprit de celui qui le lit. 

C'est, du coup, un livre sans cesse renouvelé, dont chaque lecture procure des réponses aux questions qu'on ne se posait pas lors d'une lecture précédente. Les proustiens les plus exigeants suggèrent ainsi que ce livre doit être lu au moins trois fois. Une fois pour être ébloui et n'y rien comprendre. Une deuxième fois pour guérir de son premier chagrin d'amour. Une troisième fois pour se préparer à mourir.

Chacun y puisera donc quelque chose qui l'aide à mieux vivre, et même, à l'occasion, à mieux mourir, et pas seulement à passer le temps, qui, avec Proust, n'est jamais perdu mais toujours, comme chacun sait, retrouvé."

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